Nucléaire iranien : Les Européens expriment leur « grande préoccupation »

ENERGIE L’Iran a l’intention de « produire de l’uranium métal avec un taux d’enrichissement de 20 % », a indiqué mardi l’Agence internationale de l’énergie atomique

20 Minutes avec AFP
— 
Le nouveau président iranien, Ebrahim Raïssi, entre en fonction en août après sa victoire à la présidentielle de juin
Le nouveau président iranien, Ebrahim Raïssi, entre en fonction en août après sa victoire à la présidentielle de juin — Mohsen ESMAEILZADEH / ISNA NEWS AGENCY / AFP

Le dernier rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) met en lumière l’éloignement progressif de l’Iran de l’accord international sur son programme nucléaire et ses avancées vers la production d’uranium métal. De quoi inquiéter les Européens, qui ont exprimé mardi leur « grande préoccupation » sur le dossier du nucléaire iranien.

Dans un communiqué commun, les ministres des Affaires étrangers de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni ont dit leur « grande préoccupation du dernier rapport de l’AIEA qui confirme que l’Iran a débuté les étapes nécessaires à la production d’uranium métal enrichi. Ceci constitue une violation grave » par Téhéran de ses engagements dans le cadre de l’accord international sur son programme nucléaire (JCPOA).

Le retour des Etats-Unis dans l’accord compromis ?

Les Européens affirment que cela compromet un retour des Etats-Unis dans l’accord, qui est actuellement négocié à Vienne.

L’Iran a l’intention de « produire de l’uranium métal avec un taux d’enrichissement de 20 % », a indiqué mardi l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), au moment où les négociations pour tenter de sauver l’accord sur le nucléaire patinent.

Téhéran, qui s’est progressivement affranchi de ses engagements depuis le retrait des Etats-Unis de cet accord en 2018, avait commencé en février la production d’uranium métal à des fins de recherche, un sujet sensible car cette matière peut être utilisée dans la fabrication d’armes nucléaires. « L’Iran n’a aucun besoin civil crédible de poursuivre des activités de production ou de R & D sur l’uranium métal, qui constituent une étape clé du développement d’une arme nucléaire », estiment les Européens dans leur communiqué.

« Avec ces dernières étapes, l’Iran fait peser un risque sur la possibilité de conclure avec succès les discussions de Vienne » en vue d’un retour au JCPOA, selon les ministres des Affaires étrangères. Des pourparlers qui, démarré en avril, sont au point mort. « Ils ne reprendront pas cette semaine », selon un diplomate européen contacté par l’AFP qui dit ne pas avoir de visibilité, alors que le nouveau président iranien, Ebrahim Raïssi, entre en fonction en août après sa victoire à la présidentielle de juin.

Les Etats-Unis appellent « l’Iran à mettre un terme à ces provocations »

Ces négociations visent à faire revenir les Etats-Unis dans le giron de l’accord conclu en 2015 dans la capitale autrichienne.

Le « plan d’action global commun » (JCPOA, selon son acronyme anglais) offrait à Téhéran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes en échange de son engagement à ne jamais se doter de l’arme atomique et d’une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l’ONU.

Mais ce pacte a été torpillé en 2018 par la décision de l’ex-président américain Donald Trump de s’en retirer et de rétablir les mesures punitives américaines. En riposte, l’Iran a renoncé à la plupart de ses obligations. L’arrivée du nouveau président américain Joe Biden a permis l’ouverture du processus de négociation en cours à Vienne.

La réaction américaine a suivi le communiqué européen mardi soir. Les Etats-Unis ont jugé « inquiétant » que l’Iran souhaite s’affranchir un peu plus de ses engagements en matière nucléaire et l’ont appelé à mettre un terme à ses « provocations ». « C’est inquiétant que l’Iran ait choisi l’escalade (…) avec des expériences qui ont de l’intérêt pour la recherche d’armes nucléaires », a déclaré le porte-parole du département d’Etat Ned Price.