Instagram : La Norvège oblige à signaler toute photo retouchée d’un influenceur

SANTÉ MENTALE L’injonction à avoir un corps ressemblant à des modèles irréalistes « est tout le temps présente, même imperceptiblement, et est difficile à combattre », a dénoncé le ministre à l’origine de la loi

20 Minutes avec agence
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L'application Instagram (illustration).
L'application Instagram (illustration). — Jenny Kane/AP

Les élus du parlement norvégien ont approuvé le 2 juin à une écrasante majorité un texte de loi obligeant les influenceurs et publicitaires à signaler toute utilisation de photo retouchée. Cet amendement à la loi sur le marketing du pays a recueilli 72 voix pour et 15 voix contre, a précisé Vice. La date d’entrée en vigueur de cette nouvelle législation sera décidée par le roi de Norvège.

L’objectif de cet ajout législatif est de mettre fin aux standards de beauté irréalistes véhiculés sur les réseaux sociaux et les campagnes de communication. Kjell Ingolf Ropstad, Ministre de l’Enfance, de la Famille et des Affaires ecclésiastiques, a dit espérer que la mesure « contribuera de manière utile et significative à limiter l’impact négatif de ce type de publicité, particulièrement sur les enfants et les adolescents ».

Une signalétique sera créée

Dans le texte présentant l’amendement au parlement norvégien, le membre du gouvernement a dénoncé l’importance prise par la pression d’avoir un corps ressemblant à des modèles impossibles. L’injonction « existe au travail, dans l’espace public, à la maison, dans les médias, etc, a déploré Kjell Ingolf Ropstad. [Elle] est tout le temps présente, même imperceptiblement, et est difficile à combattre ».

La loi s’appliquera notamment à Instagram, Facebook, Snapchat, TikTok et Twitter pour les photos où la taille, la forme ou la nature de la peau des corps a été retouchée. Une signalétique créée par le ministère devra être ajoutée aux photos concernées, y compris en cas d’utilisation d’un filtre au moment de la prise de vue. Les contrevenants s’exposeront à des amendes, voire des peines de prison.

Le ministère a cependant reconnu qu’il allait être compliqué de faire respecter la législation car les retouches sont parfois difficiles à repérer. Il a aussi espéré que la loi n’allait pas pousser les influenceurs à se tourner davantage vers la chirurgie esthétique.