L'espoir d'une vie meilleure, puis le naufrage

De notre correspondante en Espagne, Isabelle Birambaux

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Malgré l'annonce d'une réduction du flux des clandestins en Espagne et l'installation de mesures de contrôle ultramodernes, les embarcations d'immigrés d'Afrique subsaharienne continuent d'affluer sur les côtes espagnoles. A leurs risques et périls. Mi-février, au cours d'un naufrage considéré comme le plus grave de cette décennie, vingt-quatre clandestins venus du Maghreb, dont une majorité de mineurs, ont péri à 20 mètres seulement de la côte de l'île de Lanzarote.

C'est grâce à l'intervention de jeunes surfeurs, témoins de la tragédie, que cinq personnes à bord de l'embarcation ont pu survivre. Conséquence : José Manuel Soria, le vice-président du gouvernement des îles Canaris, a critiqué la défaillance du système de surveillance des frontières Frontex. De leur côté, les autorités canariennes ont avoué que le système électronique SIVE (Système intégral de surveillance extérieure) n'avait pas détecté l'embarcation. Le même jour, cependant, la garde civile interceptait près de l'île de Tenerife un autre bateau avec 56 personnes à bord.

La Croix Rouge a confié à 20 Minutes que depuis le début de l'année 2009, 995 clandestins avaient échoué sur les îles Canaris, soit un peu plus que l'année dernière sur la même période. Ces chiffres contrastent avec les déclarations officielles qui font état d'une réduction de 49% des arrivées de clandestins. Malgré des politiques de contrôle de plus en plus drastiques, le nombre de personnes prêtes à risquer leur vie pour atteindre les côtes espagnoles ne diminue pas. Au contraire. Mais les routes qu'elles empruntent sont de plus en plus dangereuses. Selon un rapport de l'association Pro Derechos Humanos, publié en 2007, en l'espace d'un an seulement, 921 sans-papiers auraient péri. Les candidats à l'immigration, principalement ceux originaires d'Afrique subsaharienne, tenteraient désormais d'arriver par la mer Méditerranée. Le trajet serait moins dangereux, mais très surveillé. ■