Philippines : Cinquante morts dans le crash d’un avion militaire sur l’île de Jolo

DRAME Quinze personnes ont été sauvées de l’appareil en feu. L’armée espère pouvoir « sauver d’autres vies »

20 Minutes avec AFP
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Un avion de transport de l'armée philippine s'est écrasé dans le sud-ouest de l'archipel, faisant 50 morts.
Un avion de transport de l'armée philippine s'est écrasé dans le sud-ouest de l'archipel, faisant 50 morts. — AP/SIPA

Il s’agit d’un des plus graves accidents aériens de l’histoire de l’armée philippine. Dimanche, un avion militaire avec 96 personnes à bord s’est écrasé dans le sud desPhilippines alors qu’il tentait d’atterrir sur l’île de Jolo, dans la province de Sulu, a déclaré le chef des forces armées. Cinquante personnes, dont 47 militaires et trois civils, ont péri quand l’avion a dérapé et pris feu, a expliqué le porte-parole de l’armée philippine, le général Edgard Arevalo.

Au total, 53 personnes ont été blessées, pour la plupart des militaires. On ignore si les pilotes ont survécu. « Les secours sont sur place, nous prions pour que nous puissions sauver d’autres vies », a ajouté le général Cirilito Sobejana. Les trois personnes tuées au sol travaillaient dans une carrière proche du lieu de l’accident, a déclaré Tanda Hailid, un responsable local.

Jolo, bastion d’une organisation terroriste

« Nous avons des personnes au sol pour nous assurer de l’intégrité des indices qui vont être récupérés, en particulier de l’enregistreur de vol », a précisé Edgard Arevalo. « En plus des récits des témoins oculaires, nous cherchons aussi à récupérer tout enregistrement, notamment des conversations radio entre le pilote et la tour de contrôle. »

De nombreux passagers avaient récemment reçu leur instruction militaire de base et avaient été envoyés sur cette île dans le cadre d’une force opérationnelle conjointe de lutte contre le terrorisme dans cette région à majorité musulmane. Jolo est le bastion d’Abou Sayyaf, une organisation considérée comme terroriste par Washington qui s’est scindée en plusieurs factions dont certaines ont prêté allégeance au groupe Etat islamique. Le groupe est responsable des pires attentats réalisés dans l’archipel et s’est aussi spécialisé dans des enlèvements de touristes étrangers et de missionnaires chrétiens. Edgard Arevalo a précisé que l’armée avait sécurisé le périmètre du lieu du crash pour être sûre que les rebelles ne viennent pas perturber les recherches.

« Ce sont tous des pilotes chevronnés »

Les Hercules C-130 sont souvent utilisés par l’armée dans l’archipel pour transporter hommes, matériel et véhicules entre les différentes îles. L’appareil qui s’est écrasé dimanche n’était pas neuf. Il appartenait auparavant à l’armée américaine et avait été récupéré en début d’année par Manille.

C’était un des quatre de la flotte philippine. Deux autres sont actuellement en réparation. Le quatrième a été cloué au sol pour inspection à la suite de l’accident. « Ce sont tous des pilotes chevronnés, ce qui fait que nous ne pouvons dire dans l’immédiat pourquoi cela s’est produit », a déclaré le général Arevalo. « Même si ces équipements militaires ne sont pas neufs, ils sont viables. »