Pakistan : TikTok a retiré plus de six millions de vidéos pour éviter de disparaître

(AUTO)CENSURE Le pays arrive ainsi deuxième après les Etats-Unis, où TikTok a supprimé plus de 8,5 millions de vidéos

20 Minutes avec agences
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L'application TikTok (illustration).
L'application TikTok (illustration). — konkarampelas/Pixabay

TikTok a annoncé ce mercredi avoir supprimé plus de six millions de vidéos en trois mois au Pakistan. L’application chinoise cherche à éviter une interdiction permanente dans le pays profondément conservateur, qui voit sa présence d’un mauvais œil.

L’application a déjà été fermée deux fois en 2021 par les autorités pour contenu « indécent ». Elle s’est depuis engagée à modérer les vidéos diffusées. Cet énorme travail de suppression fait du Pakistan « le deuxième marché à avoir le plus de vidéos supprimées après les États-Unis, où 8.540.088 vidéos ont été supprimées », a indiqué l’appli dans son rapport de transparence.

Pas trop de peau dans les vidéos

Environ 15 % des vidéos retirées concernaient la « nudité adulte et les activités sexuelles ». Les vidéos ont été retirées à la suite de signalements d’utilisateurs ou du gouvernement. Dans ce pays musulman, il est par exemple tabou de diffuser des vidéos où les vêtements des protagonistes laissent apparaître trop de peau. Début juin, de petits rassemblements anti-Tiktok ont eu lieu pour dénoncer la diffusion de contenus LGBT+.

« Il peut s’agir du résultat de la pression du gouvernement, ou cela peut refléter le grand volume de contenu produit étant donné la popularité de la plateforme, ou les deux, a déclaré Nighat Dad, une militante des droits numériques. Les plateformes de réseaux sociaux sont davantage disposées à supprimer et bloquer du contenu au Pakistan pour échapper aux interdictions complètes. »

Une censure rampante

Cette annonce intervient alors que l’application est confrontée à une nouvelle bataille judiciaire à Karachi, où un juge a demandé aux autorités de télécommunications de la suspendre pour diffusion de « contenu immoral ». La plateforme continue toutefois de fonctionner dans le pays.

Les défenseurs de la liberté d’expression critiquent depuis longtemps la censure rampante du gouvernement pakistanais et le contrôle de l’Internet et des médias. Des applications de rencontre ont été bloquées et en 2020, les régulateurs ont demandé à YouTube de bloquer immédiatement l’accès à toutes les vidéos qu’ils considéraient comme « répréhensibles » dans le pays.