Honduras : L’État reconnu coupable de l’assassinat d’une jeune militante transgenre de 26 ans

JUSTICE Le Honduras a violé le droit de Vicky Hernández à la vie, à un procès équitable et à une protection judiciaire, selon la cour interaméricaine des droits de l’Homme

20 Minutes avec agence
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Le drapeau LGBT
Le drapeau LGBT — STR/NEWSCOM/SIPA

La cour interaméricaine des droits de l’Homme a jugé l’Etat du Honduras responsable du meurtre de Vicky Hernández. La militante transgenre de 26 ans a été tuée d’une balle dans la tête en juin 2009 au début du coup d’Etat contre le président Manuel Zelaya.

Un couvre-feu avait été décrété afin de limiter les manifestations contre la prise de pouvoir des militaires, rappelle The Guardian. Des mesures de répression avaient aussi été prises contre les journalistes, les enseignants, les étudiants et les personnes LGBT.


La police mise en cause

Le soir de sa mort, Vicky Hernández était dans la rue avec deux camarades. La travailleuse du sexe avait pris la fuite à l’arrivée de la police par peur des violences. Son corps avait été retrouvé le lendemain matin. La police avait conclu à un crime passionnel mais les avocats de la victime avaient mis en cause les forces de l’ordre.

Ils ont pointé du doigt l’absence d’audition de témoins et d’analyse d’indices ainsi que l’absence de preuve qu’une autopsie avait été pratiquée. La cour interaméricaine des droits de l’Homme a évoqué « plusieurs indications de la participation d’agents de l’Etat ». Elle a ordonné au Honduras de reprendre les investigations et d’instaurer des mesures de protection des personnes transgenres.

Protéger les personnes transgenres au Honduras

Le pays, qui possède le plus haut taux d’assassinat de personnes transgenres du monde, a aussi été condamné à payer des dommages et intérêts à la famille de Vicky Hernández. C’est la première fois que la cour juge un Etat coupable de n’avoir pas empêché la mort d’une personne transgenre et de n’avoir pas enquêté ni inculpé un suspect.

La cour a par ailleurs estimé que le pays avait violé le droit de Vicky Hernández à la vie, à un procès équitable et à une protection judiciaire. Elle a jugé que le Honduras devait permettre à ses citoyens de modifier le genre indiqué sur leurs papiers d’identité et dans leurs dossiers administratifs.