Facebook peut être jugée responsable de l’utilisation de Messenger par des proxénètes

JUSTICE Les plaintes de trois femmes exploitées par des proxénètes qui les avaient contactées via des plateformes de Facebook ont été jugées recevables au Texas

20 Minutes avec agence
— 
Les applications Facebook et Messenger sur smartphone (illustration).
Les applications Facebook et Messenger sur smartphone (illustration). — Jenny Kane/AP/SIPA

La Cour suprême du Texas a estimé vendredi que Facebook était susceptible d’être tenu responsable de l’utilisation de ses services par des proxénètes. Les juges de l'Etat américain ont décidé que trois plaintes au civil déposées par des femmes de Houston victimes de trafic sexuel étaient valables.

Adolescentes, elles avaient été contactées, harcelées et recrutées sur des applications de messagerie, comme Messenger, appartenant à Facebook, indique Houston Chronicle. Les trois plaignantes accusaient le géant californien de « négligence » et de manquement à ses obligations en matière de responsabilité.

Agées de 15 ans au moment des faits

Elles accusaient aussi Facebook d’avoir tiré un bénéfice de leur prostitution et estimaient que la plateforme aurait dû les alerter sur les risques de trafic sexuel et tout faire pour les éviter. Les Texanes ont aussi expliqué qu’à leurs yeux, Facebook avait apporté de la crédibilité à leurs proxénètes.

Celles qui avaient respectivement 14 et 15 ans au moment des faits remontant à 2012, 2016 et 2017, ont jugé les applis utilisées « dénuées de toutes limites ». Elles ont affirmé que les plateformes favorisaient « le harcèlement, l’exploitation, le recrutement, l’extorsion et la prédation des enfants » dans le but de les faire basculer vers le trafic sexuel.

La question de responsabilisation des géants du Web

La décision des juges de la Cour suprême du Texas a insisté sur la responsabilisation des géants d’Internet. Les magistrats ont souhaité faire la différence entre les méfaits des plateformes elles-mêmes et ceux commis par leurs utilisateurs, qu’on ne peut leur reprocher.

Ils ont indiqué que la loi ne doit pas « créer un no man’s land anarchique sur Internet dans lequel les Etats n’ont pas le pouvoir d’imposer des responsabilités à des sites Web qui participent sciemment ou intentionnellement à l’enfer du trafic d’êtres humains en ligne ».