Températures : 47,9 °C près de Vancouver, 46,1 °C à Portland… Un « dôme de chaleur » s’abat sur les Etats-Unis et le Canada

CANICULE Le thermomètre a grimpé jusqu’à 47,9 degrés Celsius, à Lytton, en Colombie-Britannique,  désormais détenteur du record absolu pour le Canada

20 Minutes avec AFP

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La police canadienne à Ottawa, le 23 septembre 2020 (Illustration).
La police canadienne à Ottawa, le 23 septembre 2020 (Illustration). — Dave Chan / AFP

L’Ouest du Canada et des Etats-Unis ont battu, ce lundi, de nouveaux records « historiques » de températures provoqués par un « dôme de chaleur » à l’intensité rarissime.

A Portland (Oregon) et à Seattle (Etat de Washington), deux grandes villes du nord-ouest des Etats-Unis connues pour leur climat froid et humide, la température a atteint son plus haut niveau jamais enregistré depuis le début des archives, en 1940. Il a fait 46,1 degrés Celsius à l’aéroport de Portland lundi après-midi (après un record de 44,4 degrés la veille) et 41,6 degrés à celui de Seattle, selon les relevés effectués par le service météorologique américain (NWS).

Dix à quinze degrés de plus que la normale

Mais c’est l’ouest du Canada qui détient encore la palme. A Lytton, village au nord-est de Vancouver, le record établi la veille a encore été battu : le mercure a grimpé lundi jusqu’à 47,9 degrés. La température la plus élevée jamais enregistrée au Canada avant cette vague de chaleur était de 45 degrés en 1937. Les hautes pressions qui emprisonnent l’air chaud dans la région devraient générer de nouveaux records pendant la semaine. Environnement Canada a émis des alertes pour la Colombie-Britannique, l’Alberta et certaines parties de la Saskatchewan, du Yukon et des Territoires du Nord-Ouest.

« Une vague de chaleur prolongée, dangereuse et historique persistera tout au long de cette semaine », a indiqué Environnement Canada. « Les températures de l’après-midi dépasseront les trente degrés dimanche, et atteindront un pic de près de 40 degrés dans certaines régions en milieu de semaine », ajoute l’organisme. C’est dix à quinze degrés de plus que la normale. « Il fait plus chaud dans certaines parties de l’Ouest du Canada qu’à Dubaï », a déclaré David Phillips, climatologue en chef d’Environnement Canada.

Les sélections olympiques annulées

Les magasins sont en rupture de stock de climatiseurs et de ventilateurs, tandis que les villes ont ouvert des centres de rafraîchissement et que des campagnes de vaccination contre le Covid-19 ont été annulées et des écoles fermées. La consommation électrique en Colombie-Britannique a atteint des sommets tandis que les habitants tentent de se rafraîchir. De l’autre côté de la frontière, les services météorologiques américains ont également lancé des alertes concernant une « dangereuse vague de chaleur », affectant particulièrement les Etats de la côte nord-ouest de Washington et de l’Oregon.

« La vague de chaleur historique dans le nord-ouest va continuer pendant la majorité de la semaine à venir, avec en perspective de nombreux records quotidiens, mensuels et même jamais vus », a indiqué le National weather service. Les dernières épreuves des sélections olympiques américaines d’athlétisme, qui se déroulent dans l’Oregon, ont été suspendues dimanche en raison de la chaleur extrême frappant le nord-ouest du pays. Cette suspension est intervenue alors que des températures étouffantes de 41 degrés Celsius enveloppaient la ville d’Eugene où se déroulent les sélections. La fin des essais devait initialement avoir lieu dimanche en fin d’après-midi, le 200 m masculin clôturant la compétition.

Un phénomène attendu « tous les quelques milliers d’années »

La chaleur extrême, combinée à une sécheresse intense dans l’ouest américain, a favorisé plusieurs incendies qui se sont déclarés durant le week-end. Le « Lava Fire », à la lisière de l’Oregon et de la Californie, avait déjà brûlé quelque 600 hectares lundi matin, contraignant les autorités à évacuer certains habitants et à fermer une route nationale. L’intensité de ce « dôme de chaleur » est « tellement rare statistiquement qu’on pourrait ne s’y attendre qu’une fois tous les quelques milliers d’années en moyenne », ont écrit les spécialistes météo du Washington Post.

« Mais le changement climatique provoqué par les humains a rendu ce type d’événements exceptionnels plus probables. » Selon Nick Bond, climatologue à l’université de Washington, le changement climatique est ici un facteur, certes, mais « secondaire ». « L’élément principal est ce modèle météorologique très inhabituel » du dôme de chaleur, explique-t-il. Ceci « étant dit, le changement climatique est réel, nos températures se sont réchauffées ici », ce qui a « rendu cet épisode de chaleur encore plus sévère ».