Droits LGBT en Hongrie : L’UE va agir pour « défendre » ses valeurs, assure von der Leyen

RIPOSTE « Cette nouvelle loi hongroise est clairement discriminatoire », a jugé la présidente de la Commission

G. N. avec AFP
— 
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ici le 25 juin, a mis en garde la Hongrie après sa loi discriminatoire à l'endroit des personnes LGBTQ.
La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ici le 25 juin, a mis en garde la Hongrie après sa loi discriminatoire à l'endroit des personnes LGBTQ. — Johanna Geron/AP/SIPA

L’Union européenne va « défendre » ses « valeurs » et agir contre la loi hongroise jugée discriminatoire à l’égard des LGBT, a assuré vendredi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à l’issue d’un sommet où cette législation a suscité un tollé. « Cette nouvelle loi hongroise est clairement discriminatoire, et comme il convient à une démocratie, nous lutterons contre, en utilisant les instruments juridiques » à notre disposition, a déclaré l’Allemande lors d’une conférence de presse.

« Hier la plupart d’entre nous ont été très clairs sur le fait que cette nouvelle loi hongroise va à l’encontre de nos valeurs. […] Il y a eu un soutien écrasant à l’idée que nous allons défendre nos valeurs », a poursuivi la cheffe de l’exécutif européen. « A la Commission, nous avons examiné cette loi en profondeur, et nous avons écrit au gouvernement hongrois pour lui exposer en détail nos préoccupations sur le plan juridique », a-t-elle rappelé. La Commission a donné jusqu’au 30 juin à la Hongrie pour répondre.

La Cour de justice de l’UE pourrait être saisie

« Il y a des démarches supplémentaires qui peuvent ensuite être entreprises. Cela dépend de la façon dont la Hongrie réagit », a précisé la responsable. Bruxelles peut ouvrir une procédure d’infraction pour violation du droit européen, qui peut mener à une saisine de la Cour de justice de l’UE et à des sanctions. A ses côtés, le Premier ministre portugais Antonio Costa, dont le pays assure jusqu’à la fin du mois la présidence tournante de l’Union européenne, a estimé qu'« on ne peut pas être un membre de l’UE si l’on n’en respecte pas et n’en accepte pas les valeurs ».

Lors d’un débat enflammé jeudi, la plupart des dirigeants européens ont fustigé le Premier ministre hongrois Viktor Orban pour la loi controversée. Le Néerlandais Mark Rutte lui a même suggéré d’activer l’article 50 du traité pour sortir de l’UE – comme l’ont fait les Britanniques — si les valeurs de l’UE ne lui convenaient pas.

Le témoignage de Xavier Bettel

Une perspective écartée par Ursula von der Leyen : « en Hongrie il y a dix millions d’habitants et je suis fermement convaincue qu’il y a dix millions de bonnes raisons pour que la Hongrie soit et reste un membre de l’Union européenne », a-t-elle souligné. Elle a qualifié la discussion entre leaders de « factuelle, et en même temps très personnelle et pleine d’émotion ».

Lors du débat, le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, marié à un homme, a fait part de son expérience personnelle en interpellant son homologue hongrois. Il a rappelé un dîner passé avec son mari et le dirigeant souverainiste à Budapest il y a plusieurs années, déplorant de constater que ce n’était « pas le même Viktor Orban ». « Cela m’a beaucoup déçu et je le lui ai dit […] c’est triste », a expliqué vendredi Xavier Bettel, qui avait souligné la veille que « s’accepter soi-même [en tant qu’homosexuel], c’est déjà très dur alors de se faire en plus stigmatiser, ça va très loin ».