Hongrie : La loi de Viktor Orban, jugée homophobe, vivement débattue au sommet de l’UE

UNION EUROPEENNE

20 Minutes avec AFP
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Le Premier ministre Victor Orban s'est posé en défenseur des homosexuels lors du sommet européen du 24 juin.
Le Premier ministre Victor Orban s'est posé en défenseur des homosexuels lors du sommet européen du 24 juin. — Aris Oikonomou/AP/SIPA

Ça grince au sommet de l’Union Européenne. Les dirigeants des 27 ont vivement condamné jeudi le Hongrois Viktor Orban pour sa loi jugée homophobe mais n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un sommet avec Vladimir Poutine.

La législation hongroise controversée a suscité un débat d’une virulence inhabituelle lors d’un sommet à Bruxelles, selon des participants. « Ce n’était pas une discussion diplomatique, c’était plutôt une confrontation », a commenté le Premier ministre belge Alexander De Croo, jugeant ce moment « assez historique ».

Une discussion « animée » et « franche »

Cette loi a conduit 17 pays membres, dont la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Italie et la Belgique, à interpeller dans une lettre les chefs de l'UE Charles Michel et Ursula von der Leyen et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres (invité au sommet) sur la nécessité de faire respecter les valeurs européennes.

De Croo a souligné que « la quasi-unanimité » des leaders avait critiqué le dirigeant souverainiste qui n’a pu compter que sur le soutien de son homologue polonais et « un peu » du Slovène. « La discussion a été animée et très, très franche », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel. « Nous avons tous été très clairs sur les valeurs fondamentales auxquelles nous tenons ».

Très offensif, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte a affirmé que la Hongrie, avec sa loi, n’avait « plus rien à faire dans l’Union européenne ». Il a lancé à Viktor Orban que si les valeurs de l’UE ne lui convenaient pas, il n’avait qu’à activer l’article 50 du traité « qui a été créé pour cela » et quitter l’Union – comme l’ont fait les Britanniques –, selon une source européenne.

« Ligne rouge »

Selon cette source, le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel a estimé qu’une « ligne rouge » avait été franchie et le Suédois Stefan Löfven a averti que ses concitoyens n’avaient pas envie « d’envoyer de l’argent à un pays » agissant de la sorte, alors que les fonds de l’UE représentent une manne importante pour la Hongrie.

La loi prévoit que « la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l’identité de genre, le changement de sexe et l’homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans ».

Cette loi « ne me paraît pas conforme à nos valeurs », avait jugé le président français Emmanuel Macron​, espérant pouvoir convaincre le dirigeant hongrois d’un « changement de ce texte ».

« La loi ne concerne pas les homosexuels (mais) la façon dont les parents veulent faire l’éducation sexuelle de leurs enfants », s’est défendu Viktor Orban, accusant ses homologues européens de ne pas l’avoir lue.

« La Hongrie ne veut pas quitter l’UE. Au contraire, nous voulons la sauver des hypocrites », a tweeté la ministre hongroise de la Justice, Judit Varga. Le texte controversé a valu à Budapest une lettre de remontrances de la Commission, qui lui a donné jusqu’au 30 juin pour répondre. L’exécutif européen a le pouvoir d’entamer des procédures pour violation du droit européen pouvant mener à une saisine de la Cour de justice de l’UE et à des sanctions.