Etats-Unis : Biden annonce un accord d’étape sur un plan infrastructures à 1.000 milliards de dollars

TRACTACTIONS Cinq sénateurs républicains ont négocié ce compromis, mais il en faudra au minimum cinq autres lors du vote pour que le volet de dépenses soit adopté

20 Minutes avec AFP

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Joe Biden à la Maison Blanche, le 24 juin 2021.
Joe Biden à la Maison Blanche, le 24 juin 2021. — Evan Vucci/AP/SIPA

C’est un premier pas, mais d’âpres négociations sont encore à venir. Joe Biden a annoncé jeudi un accord avec un groupe de dix sénateurs républicains et démocrates sur un plan d’investissements massifs dans les infrastructures, enregistrant un net succès après des mois de négociations, même s’il devra encore s’assurer du soutien de l’aile gauche de son parti et espérer que cinq autres républicains votent en faveur.

« Nous avons un accord », a lancé M. Biden à l’issue de cette réunion très attendue. Image rare, il est lui-même sorti pour l’annoncer sur le parvis de la Maison Blanche, en présence des élus.

Ce plan s’appuie sur plus de 1.200 milliards de dollars d’investissements sur huit ans (973 milliards sur cinq ans et le reste optionnel sur trois années supplémentaires), a précisé la Maison Blanche. Notamment : 312 milliards dans les transports, y compris les routes et aéroports, et 266 milliards dans d’autres types d’infrastructures comme celles permettant le transport des eaux, ou l’internet à haut débit.

Pas de hausses d’impots

Républicains et démocrates sont parvenus à s’accorder sur leur plus grand obstacle jusqu’ici : le financement de ce vaste projet. Les républicains s’étaient dits farouchement opposés à une hausse des impôts sur les entreprises, proposée au départ par Joe Biden, tandis que la Maison Blanche refusait d’instaurer de nouvelles taxes qui toucheraient les foyers gagnant moins de 400.000 dollars par an, comme avec une taxe sur l’essence.

Au final, le plan compte notamment renforcer les inspections fiscales pour « réduire » le montant des impôts impayés et rediriger des fonds débloqués en 2020 pour lutter contre la pandémie qui n’ont pas été utilisés, entre autres mesures. Pour le président démocrate, élu sur la promesse de réconcilier l’Amérique, cet accord démontre que « la démocratie américaine fonctionne et peut obtenir des résultats ».

Chemin encore incertain

S’il représente une avancée majeure, il ne marque cependant pas la fin des discussions. « Je n’ai aucune garantie », d’avoir les votes pour faire passer ce projet au Sénat, a reconnu Biden, tout en affichant son optimisme. « Aucun des deux partis n’a obtenu tout ce qu’il voulait », a-t-il souligné, assurant que c’était le prix à payer pour obtenir un consensus.

Les deux chefs des majorités démocrates au Congrès ont souligné jeudi que ce plan devrait impérativement aller de pair avec le développement d’un autre vaste projet de loi qui comprendrait d’autres priorités de l’administration Biden. Après des mois de discussions, les négociations s’orientent vers deux voies parallèles. D’un côté, ce plan sur les infrastructures « traditionnelles », ponts, routes, aéroports etc. Et de l’autre, les priorités Biden que les démocrates ont surnommées « infrastructures familiales » ou « humaines ».

Le chef démocrate du Sénat, Chuck Schumer, s’était lui dit jeudi matin « encouragé » par l’accord entre sénateurs, tout en rappelant qu’il comptait toujours avancer sur cette double voie de projets « liés » : d’un côté l’accord entre républicains et démocrates sur les infrastructures, et de l’autre une voie parlementaire complexe qui permettrait aux démocrates d’adopter, avec leur seule étroite majorité au Sénat, l’autre volet. Schumer a prévu d’organiser les premiers votes de procédures en séance plénière sur l’accord sur les infrastructures dès le « retour » des sénateurs en juillet. La séance sera ajournée à la chambre haute jeudi soir jusqu’au 12 juillet.