L'armée liquide son président

— 

Ce petit pays pauvre d'Afrique de l'Ouest a plongé hier dans la confusion. Le président de Guinée-Bissau Joao Bernardo Vieira a été tué par des militaires hier à Bissau, quelques heures après l'assassinat du chef d'état-major de l'armée, selon l'AFP. En réponse aux condamnations des violences par la communauté internationale, l'armée bissau-guinéenne a affirmé qu'il ne s'agissait pas d'un coup d'Etat et qu'elle « respecterait la démocratie ». L'Union africaine (UA) doit tenir aujourd'hui une réunion extraordinaire de son conseil de paix et de sécurité « pour examiner la situation ». « Apparemment, tout ceci a été organisé par l'armée. C'est un coup d'Etat », a estimé de son côté le président de la commission de l'UA, Jean Ping.

Alors que le calme régnait à Bissau, le gouvernement a décrété un deuil national de sept jours et demandé au parquet de « former une commission d'enquête » sur ces décès. Le principal porte-parole de l'armée bissau-guinéenne a offert hier diverses versions des incidents. Il a fait le lien entre le meurtre du président et celui du chef d'état-major Tagmé Na Waié avant de revenir sur ses propos. Ces derniers mois, le chef des armées et le président entretenaient une défiance réciproque. Début janvier, le premier accusait le clan présidentiel d'avoir organisé une tentative d'assassinat contre lui. ■