« Le signe que le reste de la planète a mauvaise conscience »

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Quelle est la situation à Gaza ?

Les gens vivent sur des tas de ruines et n'ont pas accès à l'eau potable. On vient aussi de découvrir que, lors de l'offensive israélienne de décembre et janvier, l'Etat hébreu avait systématiquement ciblé le tissu industriel de Gaza, nécessaire à la construction et à l'alimentation de la population. Quelque trois cents ateliers de fabrication et petites PME ont été détruits dans des zones où il n'y avait pourtant pas de combattants du Hamas. C'est une façon de dire aux Palestiniens : « On ne veut plus de vous ici, partez », ou bien « Tant que le Hamas sera à votre tête, vous serez punis ». Peut-être un peu des deux.

Qu'attendent les Gazaouis de la communauté internationale ?

Rien. Ils savent que c'est un leurre. C'est pour ça que le Hamas est au pouvoir. Comme d'habitude, l'Union européenne sera l'un des plus grands donateurs. Mais c'est un jeu odieux. Tant que les habitants de Gaza ne seront pas décidés à quitter leur pays, ils seront réduits à vivre comme des mendiants. Ils vivent enfermés depuis des mois. Certains ne sont même jamais allés à Jérusalem. Psychologiquement, c'est comme s'ils vivaient sur la lune, déconnectés du reste du monde. De plus, Israël vient d'annoncer qu'il allait doubler le nombre de colonies en Cisjordanie...

Que représente à vos yeux cette conférence des donateurs ?

C'est le signe de la mauvaise conscience du reste de la planète, un petit pansement pour une grande plaie. Et puis, comment reconstruire tant que les points de passage permettant d'acheminer les matériaux restent fermés ? Le fond du problème, c'est qu'Israël ne veut pas la paix. ■Recueilli par F. V.