Hongrie : Orban justifie la loi controversée sur les droits des LGBT et dit défendre les homosexuels

POLEMIQUE Le Premier ministre hongrois assure que c’est une loi qui concerne l’éducation des enfants

20 Minutes avec AFP
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Le Premier ministre Victor Orban a réfuté que la loi hongroise controversée portait atteinte aux droits des personnes LGBT.
Le Premier ministre Victor Orban a réfuté que la loi hongroise controversée portait atteinte aux droits des personnes LGBT. — John Thys/AP/SIPA

Irréel. Face aux critiques de nombreux pays de l’Union européenne, Victor Orban s’est posé jeudi en défenseur des homosexuels. « Sous le régime communiste, l’homosexualité était punie et je me suis battu pour leur liberté et leurs droits. Je défends les droits des homosexuels », a affirmé le chef du gouvernement hongrois, en arrivant à Bruxelles pour un sommet de l’UE.

Sa déclaration intervient après une vague d’indignation dans toute l’UE qui condamne une nouvelle loi hongroise prévoyant que « la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l’identité de genre, le changement de sexe et l'homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans ».

Orban défend une autre interprétation de la loi

Concernant le contenu du texte, là encore le Premier ministre a une bonne explication. « La loi ne porte pas sur les homosexuels. Elle concerne la façon dont les parents veulent faire l’éducation sexuelle de leurs enfants », a-t-il dit. « Cette loi concerne la façon dont un enfant apprend la sexualité. Ce sont des questions difficiles et les décisions à ce sujet sont exclusivement l’affaire des parents. L’État doit créer les conditions pour que les parents puissent exercer ces droits », a encore affirmé Victor Orban.

« Pour toute la Hongrie, c’est un honneur qu’un Premier ministre ou un chef de Commission s’intéresse à une loi hongroise, nous sommes à leur disposition et je serai heureux de leur dire qu’il ne s’agit en aucun cas d’une loi sur l’homosexualité », a martelé Victor Orban.

Dix-sept pays membres signent une lettre commune

Mais visiblement tout le monde n’a pas la même lecture. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a ainsi qualifié mercredi cette loi de « honte ».

Dix-sept pays membres, dont la France, l’Allemagne, l’Espagne et l’Italie, ont par ailleurs interpellé dans une lettre commune les chefs de l’UE et le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres (invité au sommet de l’UE) sur la nécessité de faire respecter les valeurs européennes. Sans mentionner la Hongrie, la lettre déplore des « menaces contre les droits fondamentaux et en particulier le principe de non-discrimination en raison de l’orientation sexuelle ».