Le sort du soldat Shalit bloque l'accord sur une trêve durable entre Israël et le Hamas

PROCHE-ORIENT Alors qu'à Charm-el-Cheikh, la communauté internationale se met d'accord pour financer la reconstruction de Gaza...

V.G.

— 

Le cabinet de sécurité israélien a conditionné mercredi à l'unanimité la conclusion d'un accord de trêve avec le Hamas à la libération du soldat Gilad Shalit, détenu depuis 2006 à Gaza, condition refusée par le Hamas.
Le cabinet de sécurité israélien a conditionné mercredi à l'unanimité la conclusion d'un accord de trêve avec le Hamas à la libération du soldat Gilad Shalit, détenu depuis 2006 à Gaza, condition refusée par le Hamas. — Menahem Kahana AFP

La conférence des donateurs pour Gaza, réunie ce lundi à Charm-el-Cheikh en Egypte, est prise dans une terrible contradiction. Si la communauté internationale ne devrait pas se faire prier pour accorder les 2,8 milliards d'euros demandés par l'Autorité palestinienne pour reconstruire Gaza, les milliards injectés risquent d'être gaspillés, en l'absence d'une trêve durable entre Israël et le Hamas.

Depuis le cessez-le-feu conclu le 18 janvier, l'Egypte travaille à une trêve valable pendant dix-huit mois entre les deux parties. Mais alors qu'un accord semblait proche, le Premier ministre sortant israélien Ehud Olmert a durci le ton en annonçant mi-février que tout accord était désormais conditionné à la libération du soldat Gilad Shalit, enlevé le 25 juin 2006.

Olmert en fait un combat personnel

Le problème, c'est que le Hamas et l'Egypte ont toujours refusé de lier les négociations pour un arrêt des combats avec celles sur le sort du caporal Shalit. Le président égyptien Hosni Moubarak l'avait répété le 16 février: «L'Egypte ne changera pas de position par rapport à la trêve, la question du soldat israélien Gilad Shalit est une question séparée qui ne peut d'aucune manière être liée aux négociations sur la trêve.»

Ehoud Olmert a fait de la libération de Shalit un moyen de quitter le pouvoir par le haut. «J’espère que les choses se termineront rapidement, mais si cela ne se termine pas durant mon mandat, les bases que nous avons bâties aideront à sa libération», avait-il déclaré le 17 février.

Le négociateur israélien remercié


Ce revirement diplomatique israélien a été mal perçu par le négociateur de l'Etat hébreu en Egypte. Amos Gilad, chargé de faire la navette entre Le Caire et Jérusalem, s'était insurgé publiquement dans les colonnes du journal «Maariv»: «Je ne comprends pas ce qu'ils essaient de faire. Insulter les Egyptiens? Nous les avons déjà insultés. C'est de la folie, c'est de la pure folie. L'Egypte est notre dernière alliée dans la région.»

L'incartade d'Amos Gilad lui aura été fatale. Quelques jours plus tard, il était remplacé dans sa mission de négociateur avec l'Egypte. Depuis, les négociations restent bloquées sur le cas Shalit. Et le temps presse: dans les semaines qui viennent, Benyamin Netanyahou devrait devenir Premier ministre à la tête du gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël.

>> En raison de débordements systématiques, nous nous voyons contraints de fermer cet article aux commentaires. Si vous avez des infos ou des témoignages intéressants, n'hésitez pas à nous les envoyer au 33320@ 20minutes.fr