Hongrie : 13 pays de l’UE « inquiets » pour les droits LGBT appellent la Commission à agir

DISCRIMINATION Cet appel intervient après l’adoption d’une loi hongroise la semaine dernière interdisant la « promotion » de l’homosexualité auprès des mineurs

20 Minutes avec AFP

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La loi hongroise interdisant la promotion de l'homosexualité auprès des mineurs a été condamnée par des pays membres de l'UE.
La loi hongroise interdisant la promotion de l'homosexualité auprès des mineurs a été condamnée par des pays membres de l'UE. — Czarek Sokolowski/AP/SIPA

Depuis ce mardi, la Hongrie est sous le feu des critiques de pays membres de l’Union européenne après l’adoption à Budapest d’une législation interdisant la « promotion » de l’homosexualité auprès des mineurs. La déclaration a été signée par les Pays-Bas, le Luxembourg, la France, l’Allemagne, l’Irlande, l’Espagne, le Danemark, la Finlande, la Suède, ainsi que les trois pays baltes. « Nous demandons instamment à la Commission européenne, en tant que gardienne des traités, d’utiliser tous les outils à sa disposition pour garantir le plein respect du droit européen, y compris en saisissant la Cour de justice de l’UE » pour faire respecter le droit européen face à cette loi hongroise à l’encontre des personnes LGBT, ont-ils indiqué.

La déclaration, à l’initiative de la Belgique, a été signée par les Etats membres, lors d’une réunion des ministres des Affaires européennes à Luxembourg. « Nous exprimons notre profonde inquiétude quant à l’adoption, par le Parlement hongrois, d’amendements discriminatoires, à l’égard des personnes LGBTQI et violant le droit à la liberté d’expression sous prétexte de protéger les enfants », écrivent-ils.

La loi hongroise « viole clairement les valeurs de l’UE »

La France a, par la voix de son secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Clément Beaune, « regretté » le refus de l’UEFA, instance organisatrice de l’Euro de football, de permettre l’illumination du stade de Munich aux couleurs arc-en-ciel de la communauté LGBT pour le match Allemagne-Hongrie mercredi. Il a également dénoncé une loi qui « assimile » l’homosexualité « à une forme de menace ou de propagande ». Cette loi est « indigne de l’Europe », a fustigé le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères et européennes Jean Asselborn. « Les gens ont le droit de vivre comme ils veulent, on n’est plus au Moyen-Age », a-t-il ajouté.

La loi hongroise « viole clairement les valeurs de l’UE », a renchéri le ministre délégué allemand aux Affaires européennes Michael Roth, précisant que son pays se joignait à l’initiative du Benelux. Paris soutient aussi cette déclaration, a-t-on appris de source diplomatique. Idem pour l’Irlande, dont le ministre des Affaires européennes de ce pays Thomas Byrne, s’est déclaré « très préoccupé » par l’adoption d’une législation qui constitue un « moment très dangereux pour la Hongrie ainsi que pour l’Union ».

Déclencher des procédures d’infraction

Cette loi adoptée le 15 juin stipule que « la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l’identité de genre, le changement de sexe et l’homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans ». La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, avait fait part de sa préoccupation la semaine dernière, ajoutant que l’exécutif européen était en train d’examiner si cette loi « enfreint la législation européenne ». La Commission a le pouvoir de déclencher des procédures d’infraction pour violation du droit européen contre un pays, pouvant mener à une saisine de la Cour de justice de l’UE.

Des accusations rejetées mardi à Luxembourg par le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto, qui a dénoncé des « fake news » et affirmé que cette loi « n’était dirigée contre aucune communauté en Hongrie (mais) seulement contre les pédophiles ». « Cette loi ne dit rien sur l’orientation sexuelle des adultes. Elle dit seulement que tant que les enfants ont moins de 18 ans, leur éducation sexuelle relève exclusivement de leurs parents, c’est tout », a-t-il déclaré, ajoutant que cette loi représentait « une compétence nationale qui ne devrait pas être remise en question ».