Algérie : Fatiha Briki, figure de la défense des droits humains, placée en détention

DROITS DE L'HOMME Fatiha Briki, une figure du mouvement du Hirak en Algérie, a été arrêtée et placée en détention jeudi sans que ne soit communiqué le motif de son arrestation

20 Minutes avec agences

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Fatiha Briki participait régulièrement au mouvement du Hirak.
Fatiha Briki participait régulièrement au mouvement du Hirak. — Toufik Doudou/AP/SIPA

Fatiha Briki, figure de la lutte pour les droits humains en Algérie, a été placée en détention jeudi à Alger. Cette universitaire à la retraite est notamment réputée pour son engagement en faveur de la défense des droits humains et contre la torture. Son domicile a également été perquisitionné le même jour, selon le CNLD, une association de soutien aux détenus d'opinion dont elle fait partie.

La militante participait régulièrement aux marches du mouvement contestataire du Hirak, avant leur interdiction par le ministère de l'Intérieur à l'approche des élections législatives. Le régime algérien a multiplié les interpellations et les poursuites judiciaires visant opposants, militants, journalistes et avocats.

Un motif d'arrestation non communiqué

La garde à vue de Mme Briki a été prolongée mais les faits qui lui sont reprochés n'ont pas été divulgués. « Je pense que c'est son travail en faveur des détenus qui est la cause de son arrestation », a notamment déclaré Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH). « Elle est la cheville ouvrière dans la documentation des affaires de violation de droits humains. On lui reproche le délit de solidarité », a-t-il ajouté. Sa famille, qui n'a pu lui rendre visite que dimanche, a indiqué dans un communiqué que Fatiha Briki « se porte bien physiquement et moralement ».

Jeudi dernier, l'universitaire Abdelali Rezagui, analyste politique connu pour ses interventions dans les médias, notamment sur la chaîne d'information internationale France 24, avait été interpellé par les services de sécurité dans la région d'Alger avant d'être relâché quelques heures plus tard, sans explication. Au moins 260 personnes sont actuellement incarcérées pour des faits en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles, selon le CNLD.