Belgique : Le corps retrouvé est celui du militaire radicalisé

FAITS DIVERS Jürgen Conings était soupçonné de vouloir s’en prendre à l’Etat belge et à un virologue connu dans le pays

20 Minutes avec AFP

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Des policiers belges protègent le périmètre où le corps d'un militaire radicalisé a été découvert, le 20 juin 2021.
Des policiers belges protègent le périmètre où le corps d'un militaire radicalisé a été découvert, le 20 juin 2021. — JOHN THYS / AFP

Le militaire d’extrême droite radicalisé Jürgen Conings a « été retrouvé mort », ont annoncé ce dimanche dans un communiqué commun la ministre et le chef de la Défense de Belgique, confirmant que le cadavre retrouvé dimanche était le sien.

Cette confirmation intervient après un communiqué du parquet qui avait indiqué que « selon les premiers éléments de l’enquête », le corps retrouvé dans l’est de la Belgique serait celui du militaire, recherché depuis plus d’un mois.

Il se serait suicidé

Cette affaire a secoué la défense belge en raison des failles apparues dans la surveillance des éléments radicalisés au sein de l’armée. D’après les premières constatations, la cause de la mort est imputable à un suicide par arme à feu qui devra être confirmée par une expertise médico-légale, a indiqué le parquet dans un communiqué.

« Selon les premiers éléments de l’enquête, il s’agirait de Conings Jürgen, disparu depuis le 17 mai 2021 », selon cette source. Considéré comme dangereux, le militaire de 46 ans, fiché par l’organisme belge d’analyse de la menace terroriste (Ocam), était soupçonné de vouloir s’en prendre à l’Etat belge et à un virologue connu dans le pays.

Un virologue placé sous protection

Il avait malgré tout accès à des armes et des munitions dans sa caserne. Quatre lance-roquettes antichar et des munitions avaient été retrouvés dans son véhicule abandonné et il était vraisemblablement en possession lors de sa cavale d’un armement plus léger.

Le corps de l’homme a été découvert par des promeneurs dans les bois de la commune de Dilsen-Stockem, dans une zone où des recherches avaient été effectuées à plusieurs reprises après la découverte de son véhicule, le 18 mai au lendemain de sa fuite.

D’après des lettres retrouvées par les enquêteurs, Conings semblait déterminé à s’en prendre à des représentants de l’Etat et au virologue belge Marc Van Ranst, expert très en vue dans la pandémie de coronavirus. Ce dernier était placé depuis sous protection policière ainsi que sa famille dans un lieu tenu secret.

Une enquête ouverte pour « tentative d’assassinat dans un contexte terroriste »

Un juge d’instruction avait été saisi d’une enquête pour « tentative d’assassinat dans un contexte terroriste ». Conings avait été placé sur la liste de l’Ocam en février dernier mais ni les hiérarchies du ministère de la Défense ni celle du renseignement militaire n’avaient été informées de cette inscription.

Il avait été sanctionné par sa hiérarchie en 2020 en raison de son profil radicalisé et de propos racistes sur Facebook, par le retrait de son habilitation de sécurité. Mais en tant qu’assistant des instructeurs militaires préparant les candidats aux missions à l’étranger, il avait accès au dépôt d’armes.

Depuis la fuite de Conings, 12 militaires ont été écartés des dépôts et des lieux sensibles en raison de leurs opinions radicales. Le gouvernement belge s’est engagé à durcir les règles d’accès aux armements et plusieurs enquêtes internes ont été déclenchées.