« justice » contre « vengeance »

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Le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) a ouvert hier à La Haye, aux Pays-Bas, selon l'AFP. Il est chargé de juger les auteurs présumés d'attaques terroristes au Liban, dont l'assassinat de l'ancien Premier ministre libanais, Rafic Hariri le 14 février 2005. « Mon équipe et moi ferons tout ce qui est humainement et légalement possible pour garantir que la vérité émerge et que les responsables des crimes (...) soient traduits en justice », a promis samedi le procureur, le Canadien Daniel Bellemare, qui a dirigé la commission d'enquête internationale sur la mort de Hariri. Le tribunal n'est « pas en quête de vengeance », mais de « justice », a-t-il insisté.

Les deux premiers rapports de la commission d'enquête de l'ONU, créée deux mois après l'assassinat de Rafic Hariri, avaient conclu à des « preuves convergentes » sur l'implication des renseignements syriens et libanais. Les noms de proches du président syrien Bachar al-Assad avaient été cités par les enquêteurs. Mais la Syrie, qui s'est retirée du Liban en 2005 après trente ans d'occupation, nie toute implication. Quatre généraux sont actuellement détenus au Liban dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat de l'ex-Premier ministre. Trois suspects ont été libérés sous caution mercredi dernier par la justice libanaise. Ils étaient soupçonnés notamment d'avoir passé sous silence des informations et induit les enquêteurs en erreur. Le TSL, créé le 10 juin 2007 en vertu d'une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, applique le Code pénal libanais. L'identité de ses onze juges, dont quatre sont libanais, n'a pas encore été révélée pour des raisons de sécurité. Le mandat du tribunal est de trois ans renouvelables. ■