Le gouvernement britannique poursuivi par Ryanair et des aéroports pour les restrictions imposées aux voyageurs

VOYAGES Les restrictions britanniques classent en orange ou rouge des pays dont la situation sanitaire est meilleure que celle du Royaume-Uni

20 Minutes avec AFP
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La compagnie Ryanair se plaint de ne pas comprendre le système de restrictions imposé par le Gouvernement brittanique (illustration).
La compagnie Ryanair se plaint de ne pas comprendre le système de restrictions imposé par le Gouvernement brittanique (illustration). — Mindaugas Kulbis/SIPA

La compagnie aérienne irlandaise Ryanair et plusieurs aéroports britanniques vont lancer, ce jeudi, une action en justice contre le gouvernement du Royaume-Uni afin d’obtenir plus de transparence dans les mesures sanitaires sur les voyages internationaux.

La plainte sera déposée dans la matinée, a indiqué le groupe MAG (Manchester Airports Group) qui gère notamment l’aéroport de Manchester et de Stansted à Londres. MAG précise qu’outre Ryanair, d’autres compagnies aériennes devraient soutenir la procédure et être citées dans les documents de justice.

Le secteur aérien fustige des incohérences

L’objectif est de forcer le gouvernement britannique à expliquer comment il prend ses décisions pour établir les listes, « verte », « orange » et « rouge », qui correspondent à des degrés de risque sanitaire liés à la pandémie de Covid-19 et qui régissent les déplacements internationaux depuis le Royaume-Uni. Le secteur aérien n’a eu de cesse ces dernières semaines de fustiger des incohérences ou des revirements des pouvoirs publics, assurant que les voyages vers les destinations ensoleillées d’Europe étaient sûrs compte tenu des progrès dans la vaccination et de la diminution du nombre de cas.

Depuis le retrait du Portugal, aucun grand pays européen touristique ne figure sur la liste « verte », qui permet de revenir au Royaume-Uni sans quarantaine. L’Espagne, l’Italie, la France et la Grèce, et donc le Portugal, se trouvent sur la liste « orange », obligeant les voyageurs en provenance de ces pays à passer jusqu’à dix jours en quarantaine et à subir deux dépistages payants. La liste « rouge » impose, elle, une quarantaine à l’hôtel aux frais du voyageur.

Des décisions « opaques »

La plainte ciblera directement les ministres de la Santé et des Transports et s’en prendra à la manière « opaque » dont les décisions sont prises, ce qui selon le secteur rend difficile pour les vacanciers de réserver leurs séjours et pour les compagnies et aéroports de préparer la reprise. « Les récents développements suggèrent que le gouvernement ne veut pas rouvrir les voyages internationaux en plaçant les pays à faible risque dans la liste verte », souligne Charlie Cornish, directeur général de MAG.

« La plupart des pays semblent coincés dans la liste orange sans raison évidente » malgré des contaminations plus faibles qu’au Royaume-Uni, selon lui. Pour Michael O’Leary, directeur général de Ryanair, « le système britannique régissant le trafic est un désastre complet depuis le début ».

Une confiance à retrouver

« Nous appelons le Premier ministre Boris Johnson à expliquer les fondements scientifiques derrière ce système (…) et à établir un modèle transparent à partir des données et qui puisse rétablir la confiance avant la période cruciale des mois d’été », déclare-t-il. De son côté, le Gouvernement a indiqué, ce jeudi, qu’il allait « examiner le rôle des vaccinations » pour les passagers arrivant au Royaume-Uni.

Selon une porte-parole, les décisions sur les déplacements internationaux « sont réévaluées de manière constante, et se fondent sur un ensemble de facteurs sanitaires ».