Coronavirus : L’Angleterre repousse de quatre semaines la levée des dernières restrictions

EPIDEMIE Les Anglais connaissent une remontée des cas de coronavirus depuis plusieurs semaines

J.-L.D. avec AFP

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Boris Johnson a annoncé repousser de quatre semaines le déconfinement
Boris Johnson a annoncé repousser de quatre semaines le déconfinement — Jeremy Selwyn/AP/SIPA

C’était pressenti, en raison de la montée en puissance du variant Delta (anciennement appelé variant indien) au Royaume-Uni, c’est désormais officiel : l’Angleterre repousse de quatre semaines l’étape finale de son déconfinement, prévu initialement le 21 juin, jusqu’au 19 juillet. Une décision qui s’explique par une remontée des cas après des mois de baisse, dû au variant Delta plus contagieux. Les contaminations sont passées de 2.000 à 7.000 par jour et les hospitalisations commençant à augmenter, même si le nombre de décès par jour reste inférieur à 10.

« Nous ne pouvons pas continuer (…) alors qu’il existe une réelle possibilité que le virus surpasse les vaccins et que des milliers de décès supplémentaires s’ensuivent », a plaidé Boris Johnson, Premier ministre.

Vacciner plus et mieux

Il a expliqué vouloir donner au service de santé « quelques semaines cruciales » pour poursuivre la vaccination. Quatre semaines qui devraient permettre d’augmenter le nombre de primo-vaccinés, mais surtout de seconde doses, qui offrent un meilleur taux de protection face au coronavirus. L’objectif est désormais de proposer d’ici au 19 juillet une première dose à tous les adultes et deux doses à deux tiers des adultes, dont tous les plus de 50 ans et vulnérables.

Actuellement, près de 80 % des adultes ont reçu une dose mais seulement 57 % deux doses. Selon les études menées par les autorités sanitaires britanniques, les vaccins sont moins efficaces contre les formes symptomatiques du variant Delta que les autres variants avec une seule dose, mais deux doses des vaccins Pfizer ou AstraZeneca sont efficaces à plus de 90 % contre les hospitalisations.

Course contre le virus

« Nous sommes engagés dans une course contre le virus et les vaccins doivent en prendre la tête », a insisté le conseiller scientifique du gouvernement, Patrick Vallance. La dernière étape du déconfinement doit se traduire par la fin de la limitation à six des réunions en intérieur, l’autorisation pour les pubs de servir au bar et pour les salles de spectacles d’opérer à pleine capacité. Seule concession, les réceptions de mariage ne seront plus limitées à 30 invités dès le 21 juin.

« Il faut être clair sur le fait que nous ne pouvons pas tout simplement éliminer le Covid, nous devons apprendre à vivre avec », a averti Boris Johnson, estimant que la campagne d’immunisation devait le permettre. Le report annoncé lundi est très populaire au sein du public, inquiet de voir la situation se dégrader : selon un sondage de l’institut YouGov, 71 % des personnes interrogées y sont favorables et 54 % chez les 18-24 ans, moins à risque.

Le secteur touristique en colère

La fédération de l’hôtellerie-restauration UK Hospitality a chiffré à trois milliards de livres (3,5 milliards d’euros) le manque à gagner du secteur avec un mois de report de la fin du déconfinement, s’inquiétant aussi d'« un effet ricochet sur les réservations tout l’été et en automne » et demandant de nouvelles aides publiques.

La Night Time Industry Association représentant le monde de la nuit estime qu’un quart des entreprises du secteur ne survivra pas à un mois de plus de fermeture sans nouveau soutien. Elle craint de voir la main d’œuvre déserter durablement ces établissements.