Japon : Procès de deux complices présumés de la fuite de Carlos Ghosn

EXFILTRATION Pour réussir sa fuite du Japon fin décembre 2019, les enquêteurs pensent que Carlos Ghosn était dissimulé dans un gros caisson de matériel audio

20 Minutes avec AFP

— 

Carlos Ghosn au Liban le 29 septembre 2020.
Carlos Ghosn au Liban le 29 septembre 2020. — Hussein Malla/AP/SIPA

Le procès d’une fuite digne d’un scenario hollywoodien va s’ouvrir au Japon. Michael Taylor et son fils Peter, complices présumés de l’exfiltration de Carlos Ghosn du pays fin 2019, doivent comparaître à partir de ce lundi devant un tribunal à Tokyo.

Michael Taylor, 60 ans, ancien membre des forces spéciales américaines reconverti dans la sécurité privée, et son fils de 28 ans, avaient été arrêtés en mai 2020 près de Boston aux Etats-Unis, en vertu de mandats d’arrêt émis par le Japon. Après avoir épuisé tous les recours possibles, ils ont été extradés en mars dernier au Japon en vue d’y être jugés. Ils encourent jusqu’à trois ans de prison.

Bonnet, masque et lunettes

Au matin du 31 décembre 2019, le Japon apprenait la fuite au Liban de son plus célèbre inculpé : Carlos Ghosn, jusqu’alors en liberté sous caution dans l’attente de son procès pour malversations financières présumées, avec l’interdiction de quitter le pays. Deux jours plus tôt, le Franco-libano-brésilien avait tranquillement quitté son domicile à Tokyo pour rejoindre Osaka en prenant le shinkansen, le train à grande vitesse japonais, portant bonnet, masque et lunettes pour éviter d’être reconnu. Les deux hommes qui l’accompagnaient, et qui se sont envolés dans la soirée depuis l’aéroport d’Osaka à bord d’un jet privé, ont été identifiés à partir d’images de surveillance : Michael Taylor et George Antoine Zayek, un homme d’origine libanaise qui reste introuvable.

Se faisant passer pour des musiciens, ils ont pu embarquer leurs bagages sans passer les contrôles de sécurité, comme c’était alors permis au Japon pour les jets privés. Les enquêteurs pensent que Carlos Ghosn était dissimulé dans un gros caisson de matériel audio, percé de petits trous pour lui permettre de respirer. Les trois hommes se sont ensuite envolés vers Istanbul. De là, Carlos Ghosn a pris un autre vol pour le Liban, qu’il n’a plus quitté depuis. Peter Taylor, présent à Tokyo juste avant la fuite et qui avait rencontré plusieurs fois Carlos Ghosn au Japon dans les mois précédents, a lui quitté le pays seul à bord d’un avion vers la Chine. Au final, la rocambolesque a même été qualifiée par des procureurs américains d’une « des fuites les plus effrontées et les mieux orchestrées de l’histoire récente ».