Mali : L'armée française a tué un chef d'Aqmi responsable du rapt de journalistes en 2013

SAHEL Ce chef d’Aqmi était responsable du rapt de deux journalistes de RFI qui avaient été ensuite tués en 2013 dans la région

20 Minutes avec AFP

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Un militaire de l'opération Barkhane, en 2019. (archives)
Un militaire de l'opération Barkhane, en 2019. (archives) — DAPHNÉ BENOIT / AFP

L’armée française a tué samedi dernier dans le nord du Mali un cadre du groupe djihadiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) responsable du rapt en 2013 de deux journalistes français de RFI, assassinés après avoir été pris en otage. « Le 5 juin, les militaires de Barkhane ont détecté la préparation d’une attaque terroriste à Aguelhok, dans le nord Mali », contre une emprise de l’ONU et ont « éliminé quatre terroristes », parmi lesquels « Baye Ag Bakabo, cadre d’Aqmi et responsable du rapt de nos concitoyens » Ghislaine Dupont et Claude Verlon, assassinés à Kidal (nord) le 2 novembre 2013, a annoncé ce vendredi Florence Parly.

« Sa neutralisation met fin à une longue attente », a commenté la ministre, en adressant ses « pensées aux familles et aux proches de Ghislaine Dupont et Claude Verlon ». Le 2 novembre 2013, les deux journalistes français de Radio France internationale (RFI) avaient été enlevés lors d’un reportage puis tués près de Kidal, quelques mois après l’opération française Serval destinée à empêcher une colonne armée de djihadistes de s’emparer de Bamako. Leurs corps avaient été retrouvés moins de deux heures plus tard à une douzaine de kilomètres. Le 6 novembre, Aqmi avait revendiqué leur assassinat.

Au lendemain de l’annonce de la fin de Barkhane

Le résultat de cette opération « illustre l’une des principales priorités de la France au Sahel : faire tomber les principaux chefs des groupes terroristes qui sévissent dans la région, le RVIM (Rassemblement pour la victoire de l’islam et des musulmans) lié à Al-Qaïda, et l’EIGS (Etat islamique au Grand Sahara) lié à Daech », a souligné la ministre.

Alors que le président Emmanuel Macron a annoncé jeudi la fin prochaine de l’opération antiterroriste française Barkhane au Sahel, au profit d’un dispositif international plus léger d’appui et d’accompagnement au combat des troupes locales, « l’objectif demeure : la France reste engagée contre le terrorisme international, aux côtés de pays sahéliens, et pour la sécurité de l’Europe et des Français », a conclu Florence Parly.

«Les attentes de justice des proches demeurent»

Vendredi, France Médias Monde, maison mère de RFI, a pris acte de l'information et indiqué attendre que l'enquête «permette d'éclaircir totalement les circonstances du drame, et aboutisse à l'arrestation de l'ensemble des membres du commando restants et de leurs complices éventuels afin qu'ils soient jugés».

«Les attentes de justice des proches des journalistes demeurent, les zones d'ombre également», a relevé pour sa part l'organisation Reporters sans frontières (RSF).