Sahel : La France insoumise demande un débat parlementaire sur la fin de l’opération militaire Barkhane

DEFENSE Le parti déplore les pertes humaines, ainsi que le coût de l’opération, pour un résultat insuffisant selon lui

20 Minutes avec AFP

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La France a suspendu les opérations militaires Barkhane conjointes avec les forces maliennes jusqu'à ce que la junte dirigée par le colonel Assimi Goita, qui a repris le contrôle du gouvernement de transition du Mali le 24 mai, se conforme aux demandes internationales de rétablir un régime civil.
La France a suspendu les opérations militaires Barkhane conjointes avec les forces maliennes jusqu'à ce que la junte dirigée par le colonel Assimi Goita, qui a repris le contrôle du gouvernement de transition du Mali le 24 mai, se conforme aux demandes internationales de rétablir un régime civil. — /AP/SIPA

Dans la foulée de l’annonce d’Emmanuel Macron de mettre un terme à l’opération militaire Barkhane au Sahel, le groupe parlementaire La France insoumise a réclamé jeudi soir un « débat parlementaire » à ce sujet. Le parti critique le « flou des formulations du président et la précipitation qui semble le guider », le groupe a souligné dans un communiqué qu’il « ne saurait s’opposer au principe d’une refonte de cette opération. A condition qu’elle s’achemine vers un retrait de l’armée française ».

Il a déploré les pertes humaines dans les rangs des soldats français et des civils maliens, ainsi que le coût de l’opération, pour un résultat insuffisant selon lui. « Je suis très inquiète de l’embourbement dans cette région et surtout, je continue à en appeler à un débat parlementaire parce que, pour l’instant, la façon dont le président de la République gère ce type d’intervention se passe totalement de débat national », a regretté ce vendredi Clémentine Autain, députée et tête de liste LFI pour les régionales en Ile-de-France.

Vote au Sénat le 22 juin

« Est-ce qu’on tire un bilan de savoir à quoi ça a servi d’être ainsi présent ? Est-ce qu’on a fait reculer véritablement l’ennemi que nous cherchions à abattre ? Comment les populations locales ont pris notre intervention ? Tout ça doit être posé sur la table », a-t-elle énuméré sur Public Sénat. Le gouvernement doit faire à l’Assemblée nationale, le 22 juin, puis au Sénat, une déclaration sur la programmation militaire, qui sera suivie d’un vote.

Pour Jean-Louis Bourlanges, président MoDem de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée, « les conditions d’efficacité (de Barkhane) n’étaient plus réunies ». Mais « on ne peut pas se dégarnir sur cette frontière sud de l’Europe », a-t-il noté. « Il faut qu’on soit, non pas à la place des Africains, ce qui était un peu la logique dans laquelle on s’enfermait avec Barkhane, mais avec les Africains », a-t-il commenté sur Cnews vendredi. « Le président a indiqué des voies, on va voir maintenant comment ça se concrétise », a-t-il conclu.

Huit ans d’engagement massif

Aurélien Taché, député ex-LREM et membre de la commission de la Défense nationale, avait estimé jeudi sur Twitter « si l’opération Barkhane au Mali était construite sur de bonnes intentions, force est de constater que cette stratégie d’ingérence, comme celle des USA en Afghanistan ou celle de Nicolas Sarkozy en Libye, n’a pas été payante ! »

Après plus de huit ans d’engagement massif, Emmanuel Macron a annoncé jeudi une réduction de la présence militaire française au Sahel, marquée par la fermeture de bases et une réarticulation de la lutte antidjihadiste autour d’une « alliance internationale » associant des Européens. Le président n’a pas donné d’indications chiffrées en termes d’effectifs mais a évoqué une réduction des « emprises », c’est-à-dire du nombre de bases françaises dans la région. Paris déploie actuellement quelque 5.100 soldats contre les djihadistes affiliés à Daesh et à Al-Qaïda, pour soutenir les armées affaiblies des Etats du Sahel qui peinent à les combattre seules.