L'évêque Williamson «demande pardon», le Vatican n'est pas satisfait

RELIGION Mais la lettre envoyée au Vatican est «ambiguë»...

Avec agence

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L'évêque intégriste britannique Richard Williamson, mis en demeure de quitter l'Argentine en raison de ses thèses négationnistes, est arrivé mercredi à Londres, mais le mystère reste entier sur ses intentions futures.
L'évêque intégriste britannique Richard Williamson, mis en demeure de quitter l'Argentine en raison de ses thèses négationnistes, est arrivé mercredi à Londres, mais le mystère reste entier sur ses intentions futures. — Leon Neal AFP
L'évêque intégriste Richard Williamson a demandé «pardon devant Dieu à toutes les âmes qui se sont honnêtement scandalisées par ce que j'ai dit» pour ses déclarations négationnistes, dans une lettre au Vatican publiée, jeudi à Rome, par l'agence catholique Zenit.

Mais les regrets formulés jeudi par l'évêque intégriste ne correspondent pas à l'exigence qui lui a été présentée de les retirer «sans équivoque et publiquement», a déclaré vendredi le porte-parole du Vatican.

Mgr Williamson, arrivé mercredi en Grande-Bretagne après avoir été déclaré persona non grata en Argentine, regrette dans cette lettre «la douleur» qu'il a causée «avant tout à l'Eglise, mais aussi aux survivants et aux parents des victimes qui ont subi des injustices sous le IIIe Reich», précisant avoir «seulement exprimé l'opinion d'un non-historien».

Ampleur de la Shoah

Mgr Williamson, l'un des quatre évêques intégristes dont le pape a levé l'excommunication le 24 janvier, a fait scandale en niant à la télévision suédoise l'existence des chambres à gaz et en minimisant l'ampleur de la Shoah.

L'agence Zenit a précisé que cette lettre datée de Londres lui a été transmise par la commission Ecclesia Dei présidée par le cardinal Dario Castrillon Hoyos, chargée par le Vatican des négociations avec les intégristes.

Une lettre ambugu
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Reste qu'il ne semble pas, dans cette lettre, revenir sur son opinion. Comme le souligne le président de l'Union des communautés juives italiennes Renzo Gattegna, cité par l'agence Ansa, a jugé la lettre de Mgr Williamson «absolument ambiguë». L'évêque «évite soigneusement» dans cette lettre de «renier les thèses négationnistes» ou de «citer la Shoah», a relevé Reno Gattegna.

Le Crif considère, de son côté, que la déclaration est «un non-événement». «Il n’y renie nullement les déclarations négationnistes qu’il proclame depuis une vingtaine d’années, et qui n’avaient pas jusque là beaucoup ému ni les dirigeants de la Fraternité Saint Pie X, ni les membres de la commission Ecclesia Dei», a fait savoir le Conseil représentatif des institutions juives de France.