France – Turquie : En visite à Paris, le chef de la diplomatie turque joue la carte de l’apaisement

AFFAIRES ETRANGERES Mevlut Cavusoglu a rencontré son homologue Jean-Yves Le Drian avant un sommet de l’Otan le 14 juin à Bruxelles

20 Minutes avec AFP

— 

Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, à Berlin le 6 mai 2021 (illustration).
Le ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, à Berlin le 6 mai 2021 (illustration). — Annegret Hilse/AP/SIPA

La France et la Turquie continuent de tenter de renouer le dialogue après plus d’une année de tensions au sommet. Les chefs des diplomaties française et turque se sont ainsi rencontrés lundi à Paris. Il reste cependant encore beaucoup de chemin à faire avant que les deux pays ne s’accordent sur des dossiers comme la Méditerranée orientale ou encore la Libye.

« Nous envisageons de renforcer nos relations avec la France sur la base du respect mutuel », a tweeté Mevlut Cavusoglu, dont le pays cherche à normaliser ses relations avec Paris, à quelques jours d’un sommet de l’Otan le 14 juin à Bruxelles. Son homologue Jean-Yves Le Drian est resté plus factuel dans sa communication. Selon son ministère, les deux ministres ont fait un tour d’horizon des sujets de contentieux.

La France et la Turquie ont affiché des positions antagonistes sur nombre de sujets au sein de l’Alliance atlantique, qui se sont notamment cristallisées en Méditerranée orientale où Paris a soutenu Athènes face aux ambitions gazières d’Ankara et où un incident a opposé des bâtiments turc et français en juin 2020. Les relations entre les deux pays se sont aussi fortement dégradées en raison de désaccords sur la Syrie, la Libye et plus récemment sur le conflit entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie au Nagorny Karabakh.

Macron et Erdogan se reparlent

En octobre, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait mis en cause la « santé mentale » de son homologue français Emmanuel Macron, l’accusant de mener une « campagne de haine » contre l’islam, parce qu’il avait défendu le droit de caricaturer le prophète Mahomet et pour son discours contre le « séparatisme » islamiste en France. En signe d’apaisement, les deux chefs d’Etat se sont entretenus en mars dernier par visioconférence.

La Turquie insiste désormais sur les points de « convergence » et les « intérêts communs » avec la France, qui continue pour sa part de réclamer des signes tangibles d’apaisement des tensions de la part d’Ankara. Paris demande notamment le retrait des mercenaires syriens déployés par la Turquie en Libye au côté du précédent gouvernement à Tripoli. Au plan bilatétal, les deux ministres ont rappelé leur « souhait de tenir la prochaine session du comité mixte économique et commercial France-Turquie (JETCO) cet automne », a rappelé la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

Ankara multiplie depuis le début de l’année les gestes envers ses alliés occidentaux et régionaux pour sortir de son isolement croissant sur les scènes régionale et internationale.