Les comptes français d'Omar Bongo saisis

EXTORSION Le président gabonais, condamné en septembre dernier par la justice française, possédait plus de quatre millions d'euros répartis dans deux banques...

Avec agence

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Partenaire indissociable de la Françafrique, le Gabon a durci le ton contre l'ex-puissance coloniale au point de remettre en cause les "relations franco-gabonaises" après un reportage sur le patrimoine en France de son président et la reconduite aux frontières de deux ressortissants.
Partenaire indissociable de la Françafrique, le Gabon a durci le ton contre l'ex-puissance coloniale au point de remettre en cause les "relations franco-gabonaises" après un reportage sur le patrimoine en France de son président et la reconduite aux frontières de deux ressortissants. — José Cendon AFP/Archives

L'avocat d'Omar Bongo a annoncé ce jeudi que les comptes bancaires français de son client ont été saisis à la suite d'une condamnation en septembre 2008 du président gabonais par la justice française.

Le 29 septembre, la cour d'appel de Bordeaux avait condamné Omar Bongo à verser 457.347 euros au fils d'un chef d'entreprise français qui avait dû payer cette somme pour faire libérer son père détenu à Libreville, selon Me Jean-Philippe Le Bail, l'avocat du chef d'entreprise René Cardona.

Cette somme, qui n'a jamais été payée par le président gabonais, a atteint entre-temps, avec les intérêts, plus d'un million d'euros, a précisé l'avocat, confirmant une information révélée par le quotidien régional «Sud Ouest» daté du 26 février.

Un peu plus de 4 millions d'euros

«Les comptes détenus par Omar Bongo dans deux banques françaises ont été saisis. Il s'agit du Crédit Lyonnais - dans lequel le président gabonais possède deux comptes de dépôt, deux comptes sur livret et un compte-titre - et de comptes à la BNP, où il possède deux comptes-chèque, un compte-épargne et un compte-titre", a indiqué Me Le Bail.

«Sur l'ensemble de ces comptes il y a un peu plus de 4 millions d'euros, sous réserve des opérations en cours», a ajouté l'avocat.

En 1996, René Cardona avait été emprisonné après un différend avec le chef de l'Etat gabonais auquel il avait vendu sa société d'armement et de pêche.

L'entrepreneur français n'avait été libéré qu'après le versement par son fils de 300 millions de francs CFA (soit 457.347 euros) sur le compte personnel d'Omar Bongo.