Pays-Bas : Amsterdam pourrait s'effondrer à cause de la vétusté de ses canaux

ARCHITECTURE Les pilotis en bois utilisés au XVIIe siècle pour étayer les bâtiments étaient prévus pour supporter le passage de chevaux et de charrettes, pas celui des bétonnières

20 Minutes avec agence

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Une vue d'Amsterdam (illustration).
Une vue d'Amsterdam (illustration). — igorspicer / Pixabay

Amsterdam s’est récemment lancée dans une importante série de travaux qui devrait durer une vingtaine d’années. Les parois des célèbres canaux de la capitale sont en si mauvais état qu’ils menacent de s’effondrer, rapporte le New York Times. Leur fragilité a entraîné l’apparition régulière de trous dans les rues, l’affaiblissement des fondations des bâtiments et de nombreux dégâts sur les ponts qui enjambent les cours d’eau emblématiques.

Plus de 2 milliards d’euros de travaux

La moitié de ces 1.700 édifices ont besoin d’être réparés et les spécialistes ont estimé à 125 miles (200 kilomètres) la longueur totale des parois de canaux qui menacent de céder. En cas d’écroulement, elles pourraient entraîner dans leur chute des immeubles et des passants. L’ampleur et la longueur des travaux vont transformer l’aspect d’Amsterdam dans les années à venir.

Le budget annoncé pour l’ensemble des opérations de reconstruction et de solidification atteint 2 milliards d’euros. Le coût final pourrait même être plus élevé, ont estimé certains experts. Les ingénieurs se trouvent en effet face à plusieurs casse-têtes. Les interventions ont lieu dans des quartiers aussi passants que densément peuplés. Les parois et les ponts concernés abritent par ailleurs des câbles électriques, téléphoniques et Internet.

« Nous allions droit à la catastrophe »

Ceux-ci doivent être soigneusement démêlés et déconnectés. C’est cependant le prix à payer pour qu’Amsterdam ne s’affaisse pas sur elle-même faute d’entretien. « En continuant ainsi, nous allions droit à la catastrophe », a estimé Egbert de Vries, conseiller municipal en charge de l’ensemble du projet de rénovation.

La ville a été bâtie sous le niveau de ma mer en utilisant des millions de poteaux en bois pour étayer les constructions. Ces pilotis encore dans un état satisfaisant ont cependant été majoritairement installés au XVIIe siècle. « A l’époque, ils étaient conçus pour supporter le poids de chevaux et de charrettes, pas celui de bétonnières de 40 tonnes et d’autres types d’équipement lourd », a analysé Egbert de Vries.