Danemark : Le gouvernement adopte une loi controversée sur l'envoi des demandeurs d'asile hors d'Europe

REFUGIES Avec ce texte, même ceux qui obtiendront le statut de réfugiés ne l’auront pas pour le Danemark

20 Minutes avec AFP

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Des Danois manifestent contre les restrictions de la politique migratoire du Danemark et les arrêtés d'expulsion à Copenhague, le mercredi 21 avril 2021.
Des Danois manifestent contre les restrictions de la politique migratoire du Danemark et les arrêtés d'expulsion à Copenhague, le mercredi 21 avril 2021. — David Keyton/AP/SIPA

Les réfugiés ne sont plus les bienvenus au Danemark. Le Parlement danois vient d’adopter une loi qui prévoit que tout demandeur d’asile au Danemark sera, une fois sa demande enregistrée et à quelques rares exceptions près type maladie grave, envoyé dans un centre d’accueil en dehors de l’ Union européenne.

Celui-ci serait financé par le royaume nordique, mais l’ensemble de la procédure serait confiée au pays hôte. S’il n’obtient pas le statut de réfugié, le migrant sera prié de quitter le pays tiers. Mais même s’il l’obtient, la loi fraîchement adoptée prévoit que ce soit là-bas et pas au Danemark.

Aucun volontaire pour accueillir les demandeurs d’asile

Vilipendée par une partie de la gauche et les organisations internationales comme l’ONU, mais fortement soutenu par la droite et l’extrême-droite, le texte porté par le gouvernement social-démocrate a été adopté jeudi par 70 voix contre 24. Cependant, l’application ne sera possible que lorsqu’un pays acceptera de recevoir un centre d’accueil des demandeurs d’asile.

Or pour le moment, aucun pays n’a accepté d’accueillir le projet, ce qui a valu de nombreuses railleries au gouvernement social-démocrate, y compris de partis ayant voté pour comme les libéraux (droite).

Un centre d’accueil au Rwanda

Copenhague a affirmé discuter avec cinq à dix pays, tout en refusant de les nommer. Les pistes évoquées dans la presse danoise vont de l’Egypte à l’Ethiopie, mais c’est surtout avec le Rwanda que les discussions semblent les plus sérieuses. Le ministre des Migrations Mattias Tesfaye s’était rendu en avril dans le pays africain, qui avait un temps envisagé d’accueillir des demandeurs d’asile pour le compte d’Israël.

Un protocole d’accord a été signé sur la coopération en matière d’asile et de migration, sans toutefois mentionner l’externalisation de la procédure d’asile. « Le Parlement (rwandais) ne l’a pas encore discuté » et « si jamais cela arrive au Parlement, je voterai contre car je considère que c’est contre les valeurs humaines », a dit Frank Habineza, député rwandais d’opposition interrogé en amont du vote danois.