Espagne : Une campagne de timbres contre le racisme fait polémique

CRITIQUES Des militants anti-racisme ont estimé que les timbres dénonçant les inégalités raciales véhiculaient en fait le message qu’une personne noire avait moins de valeur qu’une blanche

20 Minutes avec agence

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Les timbres sont vendus plus ou moins chers en fonction de la couleur.
Les timbres sont vendus plus ou moins chers en fonction de la couleur. — Pixabay / Didgeman

Les timbres mis en vente par la poste espagnole à l’occasion du premier anniversaire de l’assassinat de George Floyd ont créé la polémique. La série imaginée pour véhiculer un message anti- raciste a en fait exprimé des valeurs inverses, ont dénoncé certains activistes. Ces derniers ont reproché aux quatre vignettes leurs couleurs différentes en fonction du tarif, explique Capital.

Les teintes représentent différentes colorations de peau. Plus le timbre est clair, plus sa valeur faciale est élevée, ont regretté les détracteurs de l’opération développée avec la collaboration de SOS Racismo. La vignette noire vaut 70 centimes d’euros, la marron 80 centimes, la beige 1,50 euro et celle qui évoque la peau blanche est la plus chère, avec un prix de 1,60 euro. Ces différences de valeur en fonction des types de peau étaient voulues et faisaient justement partie de ce que la campagne dénonçait, a expliqué la poste espagnole.

« Un problème de fond insurmontable »

La démarche avait pour vocation de « mettre en lumière les inégalités raciales et promouvoir la diversité, l’inclusion et l’égalité des droits », a assuré l’entreprise postale sur Twitter. Le projet a été lancé dans le cadre du mois européen de la diversité. Dans une vidéo présentant les timbres, Correos, la poste espagnole, a évoqué « la représentation d’une réalité injuste et douloureuse qui ne devrait jamais exister ».

Les différences de valeur des timbres rendront les lettres et les colis « symboliques de l’inégalité générée par le racisme », a estimé l’organisme. Tout en saluant la démarche, le militant anti-racisme Moha Gerehou a déploré « un problème de fond insurmontable ». Il a en effet estimé que la campagne montrait que « les timbres noirs ont moins de valeur que les blancs ».