Massacre raciste de Tulsa : « La haine ne disparaît jamais, elle se cache », avertit Joe Biden, venu « rompre le silence »

ETATS-UNIS Le président américain s'est rendu dans l'Oklahoma, mardi, pour commémorer le centenaire de ce massacre dans lequel jusqu'à 300 Afro-Américains ont péri

20 Minutes avec AFP

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Joe Biden se recueille lors des commémorations du centenaire du massacre de Tulsa, dans l'Oklahoma, le 1er juin 2021.
Joe Biden se recueille lors des commémorations du centenaire du massacre de Tulsa, dans l'Oklahoma, le 1er juin 2021. — Brandon Bell / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Les Etats-Unis doivent « regarder leur passé en face ». Joe Biden a affirmé mardi s’être rendu sur les lieux d’un massacre d’Afro-Américains à Tulsa, dans l’Oklahoma, afin d'« aider à rompre le silence » qui a longtemps pesé sur l’un des pires épisodes de violence raciste de l’histoire des Etats-Unis.

« Les événements dont nous parlons se sont déroulés il y a 100 ans, et cependant, je suis le premier président en 100 ans à venir à Tulsa », a insisté le démocrate en disant vouloir « faire éclater la vérité ». « Je suis venu ici pour aider à rompre le silence. Car dans le silence, les blessures se creusent ».

Le massacre raciste de Tulsa a « trop longtemps été oublié dans notre Histoire. Aussitôt qu’il s’est produit, il y a eu un effort manifeste pour l’effacer de notre mémoire », a-t-il dénoncé en soulignant la présence dans le public, devant lui, de trois survivants centenaires de ce massacre : Viola Fletcher, Hughes Van Ellis et Lessie Benningfield Randle. « Certaines injustices sont si atroces, si terrifiantes, si douloureuses qu’elles ne peuvent pas rester enterrées », a poursuivi l’ancien vice-président de Barack Obama.

Kamala Harris chargée de défendre le droit de vote

Joe Biden a profité de ce discours historique pour dénoncer les attaques « absolument sans précédent » contre le droit de vote des Afro-Américains, « le droit le plus fondamental », par le biais de lois restreignant l’accès aux urnes dans certains Etats conservateurs. « Ce droit sacré est attaqué avec une intensité que je n’ai jamais vue », a déclaré le démocrate, annonçant avoir chargé sa vice-présidente Kamala Harris de plancher sur une solution pour mieux le protéger.

Depuis la présidentielle, les projets de loi limitant l’accès au vote se sont multipliés dans les Etats à l’initiative des républicains. Ils sont dénoncés par les démocrates comme frappant particulièrement les minorités.

A Tulsa, le président a donc promis de se « battre » pour qu’une loi électorale censée protéger l’accès aux urnes soit adoptée en juin par le Congrès, ainsi qu’un autre texte nommé en hommage à John Lewis, figure de la lutte pour les droits civiques décédé en 2020. La Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates, a approuvé en mars le premier projet de loi (HR.1). « Le Sénat l’examinera plus tard ce mois-ci et je me battrai comme un diable, avec tous les outils à ma disposition, pour qu’il soit adopté », a-t-il déclaré, tout en admettant que sa majorité à la chambre haute était trop étriquée pour garantir ce vote.

» En images : La dévastation du massacre de Tulsa