Coronavirus en Allemagne : Plusieurs enquêtes ouvertes pour fraude aux tests fictifs

ESCROQUERIE Certains centres sont soupçonnés d’avoir gonflé le nombre de dépistages réalisés pour obtenir des remboursements non mérités de la part de l’Etat

20 Minutes avec Agences

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Des enquêtes ont été lancées dans plusieurs villes allemandes.
Des enquêtes ont été lancées dans plusieurs villes allemandes. — J.M. HAEDRICH/SIPA

Plusieurs enquêtes ont été lancées en Allemagne contre des structures proposant des tests Covid-19 rapides. Elles sont soupçonnées de gonfler le nombre de dépistages réalisés pour obtenir des remboursements non mérités de la part de l’Etat. « Ceux qui se servent de la pandémie pour s’enrichir de manière criminelle devraient avoir honte », a tweeté samedi le ministre de la Santé, Jens Spahn, saluant l’ouverture des procédures.

Le parquet de Bochum (nord-ouest) a perquisitionné vendredi des locaux et logements privés liés à une entreprise proposant de tels tests antigéniques, selon une porte-parole citée par le quotidien Süddeutsche Zeitung. Le parquet de Lübeck (nord) enquête également pour « fraude » liée à la « réalisation et la facturation de tests rapides », selon l’hebdomadaire WirtschaftsWoche ; et l’autorité sanitaire de Cologne a visité vendredi un centre pour un contrôle inopiné.

Pas de justificatifs à fournir

Ces tests, obligatoires dans plusieurs régions pour fréquenter bars, restaurants, magasins ou encore les piscines municipales, ont été rendus gratuits en mars en vertu d’une réglementation fédérale visant à multiplier les dépistages. Celle-ci prévoit un remboursement jusqu’à 18 euros par test, mais plusieurs médias allemands ont pointé ces derniers jours l’absence et l’impossibilité de contrôles.

Les centres ne doivent en effet fournir ni les noms des personnes testées, ni d’autres documents, comme des factures pour l’achat d’ustensiles. « Il suffit qu’ils transmettent le nombre de tests, sans aucun justificatif, et ils reçoivent le virement d’argent peu de temps après », selon une enquête commune des télévisions publiques NDR et WDR, avec le quotidien Süddeutsche Zeitung, qui a lancé l’affaire.

Pour déceler les irrégularités, les journalistes ont compté les personnes venues pour se faire tester à plusieurs endroits afin de les comparer aux chiffres transmis aux autorités. Le résultat : pour une centaine de dépistages effectués, un centre en déclarait 422. Ailleurs, au lieu de 550, l’entreprise disait en avoir fait 1.743 sur une journée.

« Chaque stand de Kebab peut obtenir un certificat »

Jens Spahn a annoncé plus de contrôles pour empêcher que certains « profitent » du « pragmatisme nécessaire » dans l’organisation. Les points de dépistage, faciles à ouvrir, se sont multipliés ces dernières semaines en Allemagne : en Rhénanie du Nord-Westphalie, la plus grande région, le ministère de la Santé​ en a recensé plus de 8.000.

A Berlin, où il y en a au moins 1.200, « chaque stand de Kebab peut obtenir un certificat » pour proposer des tests, a même lâché au journal Tagesspiegel le gérant de plusieurs centres dans la capitale, sous couvert d’anonymat. En réaction aux révélations, la ville de Münster (nord-ouest) a retiré la concession à une société épinglée, qui opère une cinquantaine de centres dans plus de 30 villes allemandes.