Dubaï : Les ventes de villas explosent à la faveur des confinements

GROS APPORT Le marché de l’immobilier était morose dans l’émirat depuis 2014, la crise sanitaire l’a fait repartir

20 Minutes avec AFP

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Les villas de luxes se vendent (presque) comme des petits pains à Dubaï.
Les villas de luxes se vendent (presque) comme des petits pains à Dubaï. — AFP

Après six ans de déclin, le marché immobilier de Dubaï reprend du poil de la bête à la faveur d’une ruée de riches étrangers vers cet émirat du Golfe devenu une échappatoire aux confinements et autres restrictions sanitaires, revitalisant ainsi une économie convalescente. Les villas de luxe, si possible avec parcours de golf, caracolent en tête des achats et de nombreux Européens jettent leur dévolu sur Palm Jumeirah, île artificielle en forme de palmier.

Malgré l’apparition régulière de maisons démesurées et de tours gigantesques dans la « skyline » de Dubaï, un des plus grands marchés immobiliers de la région, de nombreuses propriétés ne trouvaient jusqu’alors pas preneurs, la morosité régnant sur le secteur depuis 2014. La fermeture des frontières en raison de la pandémie de Covid-19 a porté un coup d’arrêt aux ventes, « mais juste après le confinement, nous avons vu le volume de transactions augmenter. Cela ne s’est pas arrêté depuis », affirme Zhann Zochinke, directeur exécutif du cabinet d’analyse Property Monitor, spécialiste de Dubaï.

Une économie basée sur le tourisme et l’immobilier

Contrairement à d’autres dans le Golfe, l’économie de Dubaï, un des sept membres de la fédération des Emirats arabes unis, ne repose pas sur l’or noir mais sur le tourisme, le commerce, la finance et l’immobilier. Sur les six premiers mois de 2020, l’économie de l’émirat a chuté d’environ 10 %, selon les chiffres officiels. Les autorités ont parié sur une réouverture aux visiteurs dès juillet 2020, promue à grand renfort d’influenceurs sur les réseaux sociaux et couplée avec de strictes mesures sanitaires suivies d’une des plus intenses campagnes de vaccination au monde. Malgré une explosion des cas après les vacances de Noël, la vie a continué sans trop de restrictions dans l’émirat, restaurants et hôtels ouverts.

En avril, le nombre de transactions immobilières pour des propriétés valant plus de 10 millions de dirhams (environ 2,23 millions d’euros) a bondi à 90, selon Property Monitor, qui enregistre habituellement de 350 à 400 transactions similaires par an. En avril, 81 propriétés ont trouvé acheteurs rien qu’à Palm Jumeirah, contre 54 au total sur 2020. Un hôtel particulier a été vendu pour près de 25 millions d’euros, un record de ces dernières années sur l’île artificielle. 

Une demande robuste

Selon Matthew Bate, patron de BlackBrick, une agence immobilière, les acheteurs établissent désormais leur résidence principale à Dubaï, tout en continuant de gérer à distance leur entreprise en Europe, en Amérique du Nord ou en Asie. Mais la hausse enregistrée après le confinement perdurera-t-elle ? Le marché reste loin des records atteints avant 2014 et le segment des appartements est à la traîne comparé au luxe, laissant de nombreuses tours à moitié vides malgré la frénésie de constructions.

Les analystes de Morgan Stanley sont toutefois optimistes : « Une demande robuste, un pic de l’offre et les délais de livraisons pour de nouveaux projets pourraient tendre le marché plus que prévu ces prochaines années ». Selon un récent rapport de la banque d’affaires américaine, avec « une vague de réformes gouvernementales, des taux immobiliers attractifs et un changement dans la structure de la demande dû au Covid-19 », les étoiles sont alignées pour que le clinquant émirat continue de briller.