Tchernobyl : Une activité radioactive anormale inquiète les scientifiques

SOUS SURVEILLANCE Le bâtiment est condamné sous un énorme sarcophage si bien qu'il est impossible de savoir véritablement ce qu'il se passe à l'intérieur

20 Minutes avec Agence
— 
Un taux anormal de neutrons est émis sous le sarcophage qui entoure le bâtiment.
Un taux anormal de neutrons est émis sous le sarcophage qui entoure le bâtiment. — PIERRE EMMANUEL DELETREE//SIPA

Des chercheurs s’inquiètent de l’augmentation des réactions de fission nucléaire au sein de la centrale de Tchernobyl, dont le réacteur a explosé le 26 avril 1986. En effet, 35 ans après cette catastrophe nucléaire, des capteurs ont signalé une situation anormale au sein de la chape de béton qui enveloppe le réacteur, rapporte Europe 1. Les capteurs qui sont placés au-dessus du sarcophage qui enveloppe le bâtiment ont révélé un taux anormal de neutrons qui sont émis par un mélange de débris et de matière radioactive. Or, ce taux a augmenté de 40 % depuis 2016.

Un problème lié à des infiltrations d’eau ?

Selon certains spécialistes, cette activité anormale pourrait provenir d’une infiltration d’eau au sein du réacteur. « L’eau, sur les neutrons, va avoir la capacité de modifier leur énergie et facilite tous ces phénomènes de multiplication. C’est pour ça que l’une des questions qui se posent aujourd’hui est de savoir s’il y a des variations de l’humidité qui font que cette capacité de multiplication des neutrons augmente ou pas », a déclaré Igor Le Bars de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN).

Pas de crainte d’une nouvelle explosion

Le problème réside principalement dans l’incapacité de savoir avec précision ce qu’il se passe à l’intérieur du sarcophage qui enveloppe le réacteur éventré depuis l’accident de 1986. « En tout état de cause, on ne craint pas une explosion qui dégraderait les structures de ce qu’il reste de la centrale et notamment du sarcophage. Par contre, il est évident que ce phénomène, s’il correspond effectivement à une reprise de la réaction nucléaire, rendra encore plus difficile et complexe les opérations de démantèlement, car le niveau d’irradiation sera encore plus élevé », a expliqué Jean-Christophe Gariel, directeur adjoint de l’IRSN.

Face à ce phénomène, les Ukrainiens vont d’abord renforcer leur dispositif de mesure avant d’éventuellement utiliser des substances qui absorbent les neutrons.