Iran : La sœur du détenu français en appelle à Emmanuel Macron pour obtenir sa libération

PRISONNIER Selon sa sœur, ce trentenaire, accusé par l’Etat iranien d’espionnage, n’est qu’un simple touriste devenu un instrument de négociations

20 Minutes avec AFP

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Accusé à tort d'espionnage selon ses proches, Benjamin Brière est détenu en Iran depuis mai 2020.
Accusé à tort d'espionnage selon ses proches, Benjamin Brière est détenu en Iran depuis mai 2020. — AFP

« Monsieur le président, sortez mon frère d’Iran », dit Blandine Brière dans une lettre ouverte publiée par Le Point et dans un entretien accordé à l’hebdomadaire. Cette dernière est la sœur de Benjamin Brière, un Français détenu depuis un an en Iran « sans fondement » et devenu selon elle un « instrument de négociations qui le dépassent ».

Dans cette publication, qui coïncide avec l’anniversaire de l’arrestation de son frère, Blandine Brière en appelle au président Macron pour obtenir la libération du trentenaire qui, elle le rappelle, n’est qu'« un simple touriste français », aujourd’hui accusé d’espionnage en  Iran.

Des conditions de détention « très inquiétantes »

Elle ajoute que Benjamin Brière est détenu « dans des conditions très inquiétantes », n’a pu parler à ses proches que quatre fois en un an, que sa famille « désemparée » et son avocat « ne disposent d’aucun acte de procédure » et « n’ont aucune visibilité sur le possible dénouement de l’affaire ».

Selon son avocat, Benjamin Brière est accusé d’espionnage pour « des photographies de zones interdites » prises avec un drone dans un parc naturel en Iran - nouvelle étape d’un voyage touristique en van aménagé, entamé en 2018, selon sa sœur. Il est également accusé de propagande pour avoir « posé la question (sur les réseaux sociaux) de savoir pourquoi le voile islamique est "obligatoire" en République islamique (d’Iran) mais "facultatif" dans d’autres pays musulmans ».

Accusé de crimes passibles de la peine de mort

Pour Blandine Brière, rien ne « saurait justifier le silence et la brutalité » que son frère, « un touriste à la soif de découverte et d’aventure », subit aujourd’hui, accusé de crimes passibles de la peine de mort (espionnage) et du fouet (propagande), dit-elle.

« Il est évident que ces poursuites judiciaires iraniennes ne sont pas les raisons de cette attente interminable. L’enjeu est ailleurs, mon frère se retrouve être un instrument de négociations qui le dépassent. Un jeune Français se retrouve au centre de conflits entre pays, ce qui lui échappe évidemment », écrit-elle au chef de l’État pour « l’implorer » de mettre un terme à cette situation.

Une politique de prise d’otages

L’Iran retient plus d’une douzaine de détenteurs de passeports occidentaux, pour la plupart des binationaux, ce que des ONG condamnent comme une politique de prise d’otages destinée à obtenir des concessions des puissances étrangères. Leurs soutiens les disent innocents et victimes d’un jeu politique qui ne les concerne pas.

L’Iran est soumis à d’importantes sanctions internationales, particulièrement américaines, notamment en raison de son programme nucléaire. « S’il ne s’agissait que d’une simple procédure judiciaire, alors la situation de mon frère aurait avancé depuis un an. Or, nous n’avons rien. On se doute donc qu’il se passe autre chose. Nous nous trouvons dans le cadre des relations diplomatiques entre États, un monde que nous ne maîtrisons pas du tout », a souligné Blandine Brière auprès du Point.