Italie : Trois personnes arrêtées pour la chute d’un téléphérique

ENQUETE Les trois hommes sont de hauts responsables de la société gérant le téléphérique. Ils sont soupçonnés d’avoir volontairement désactivé le frein d’urgence de la structure

20 Minutes avec AFP

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Les carabiniers italiens ont mis une bâche sur la cabine du téléphérique après sa chute, à Stresa le 24 mai 2021.
Les carabiniers italiens ont mis une bâche sur la cabine du téléphérique après sa chute, à Stresa le 24 mai 2021. — Nicola Marfisi/AGF/SIPA

L’enquête avance concernant la chute d’un téléphérique dimanche à Stresa dans le nord de l’ Italie. Trois hommes ont été arrêtés ce mercredi pour le drame qui a fait 14 morts. Ces personnes, de hauts responsables de la société gérant le téléphérique, sont soupçonnées d’avoir volontairement désactivé le frein d’urgence de la structure.

« Il y avait un dysfonctionnement sur le téléphérique, l’équipe de manutention n’a pas résolu le problème, ou seulement en partie. Pour éviter l’interruption de la liaison, ils ont choisi de laisser en place la "fourchette" qui empêche l’entrée en fonction du frein d’urgence », a expliqué sur Radiotre un responsable local des carabiniers, le lieutenant-colonel Alberto Cicognani.

Une décision en connaissance de cause selon la procureure

Les trois personnes arrêtées sont Luigi Nerini, le dirigeant de la société Ferrovie del Mottarone qui gère le téléphérique, Gabriele Tadini, directeur du téléphérique, et Enrico Perocchio, chef opérationnel du téléphérique construit en 1970. « Ils ont reconnu » que c’est volontairement que le frein d’urgence n’avait pas été activé, a déclaré Alberto Cicognani. Selon la procureure Olimpia Bossi, citée par les médias italiens, ils savaient que la cabine du téléphérique circulait sans frein d’urgence depuis le 26 avril, jour de la réouverture de l’installation.

La décision de procéder à ces arrestations est intervenue à l’issue d’une journée d’interrogatoires à la caserne des carabiniers de Stresa et l’analyse des débris trouvés sur place. Ces investigations ont permis de démontrer que « le système de freinage d’urgence de la cabine tombée dans le vide avait été trafiqué », et que la « fourchette », à savoir le dispositif permettant de désactiver le frein, avait été insérée. Selon les enquêteurs, il s’agit d’un acte « matériel fait de manière consciente » pour « éviter des interruptions et l’arrêt du téléphérique », alors que « l’installation présentait des anomalies qui auraient requis une intervention plus radicale avec un arrêt conséquent » de l’installation.

Un enfant pour unique survivant

Selon la procureure, des interventions techniques avaient été « demandées et effectuées », dont une le 3 mai, mais « elles n’ont pas permis de résoudre le problème ». La décision de bloquer le frein d’urgence a été prise « avec la conviction que jamais le câble ne se serait rompu, courant un risque qui a ensuite malheureusement abouti à l’issue fatale ». L’accident s’est produit vers 12h30, à une centaine de mètres de la dernière station d’altitude du téléphérique au sommet du mont Mottarone. L’unique survivant de l’accident, un enfant de 5 ans hospitalisé à Turin, souffre d’un traumatisme crânien et de fractures des jambes.