Avion dérouté en Biélorussie : L'opposant arrêté dit être « passé aux aveux » dans une vidéo contestée

PROPAGANDE L'opposition dénonce une mise en scène grotesque

20 Minutes avec AFP
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Des manifestants en Pologne demandent la libération de l'opposant biélorusse arrêté après le déroutement d'un avion de ligne.
Des manifestants en Pologne demandent la libération de l'opposant biélorusse arrêté après le déroutement d'un avion de ligne. — AFP

Le militant biélorusse Roman Protassevitch, interpellé à Minsk après le déroutement d'un avion de ligne par les autorités du pays, a affirmé lundi collaborer avec les enquêteurs, dans une vidéo diffusée à la télévision publique et dénoncée par l’opposition.

« Le personnel se comporte avec moi de façon tout à fait adéquate et en respectant la loi, je continue de collaborer avec les enquêteurs et suis passé aux aveux concernant l’organisation de troubles massifs », a affirmé Roman Protassevitch dans cette vidéo dans laquelle il s’exprime assis à une table, face caméra.

Les autorités biélorusses habituées des vidéos de ce genre

Il a l’air fatigué, agitant ses mains croisées, tandis qu’un paquet de cigarettes et un autre d’allumettes sont posés sur la table. Dans l’enregistrement, non daté, ce militant de 26 ans affirme se trouver dans la Maison d’arrêt N°1, située dans le centre de Minsk, la capitale biélorusse. Mais la pièce où il est filmé ne donne aucune indication quant à sa localisation.

Les médias d’opposition ont affirmé que Roman Protassevitch avait des traces sur le visage, ce qui laisserait présager, selon eux, de possibles mauvais traitements. « Voici à quoi ressemble Roman sous pression physique et morale », a écrit sur Twitter la figure de l’opposition en exil, Svetlana Tikhanovskaïa, dénonçant une vidéo diffusée par « les chaînes de propagande du régime ».

Par le passé, les autorités bélarusses ont déjà été accusées d’avoir diffusé des confessions de détenus obtenues sous la contrainte. En août dernier, Svetlana Tikhanovskaïa avait elle-même appelé dans une vidéo diffusée par les médias d’Etat à ne pas manifester, à un moment où la Biélorrussie était secoué par un mouvement de contestation historique de la réélection d’Alexandre Loukachenko. Une alliée de l’opposante, Maria Kolesnikova, avait dénoncé un enregistrement tourné « sous la pression des forces de sécurité ».