Air France suspend le survol de la Biélorussie après l'arrestation d'un opposant

SANCTIONS De nombreuses compagnies aériennes ont pris la même décision 

20 Minutes avec AFP

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Un avion Air France (Illustration).
Un avion Air France (Illustration). — Christophe Ena/AP/SIPA

Air France a annoncé suspendre « jusqu’à nouvel ordre » le survol de l’espace aérien de la Biélorussie (ou Bélarus) par ses appareils, conformément à une recommandation de l’UE qui a adopté de nouvelles sanctions contre le régime d’Alexandre Loukachenko. « Air France a pris connaissance des conclusions du Conseil européen et suspend en conséquence jusqu’à nouvel ordre le survol de l’espace aérien [bélarusse] par ses appareils. Les appareils déjà en route verront leur plan de vol modifié », a annoncé la compagnie aérienne dans un communiqué dans la nuit de lundi à mardi.

« Air France suit en permanence l’évolution de la situation géopolitique des territoires desservis et survolés par ses appareils et applique strictement la réglementation », a-t-elle précisé. Les dirigeants de l’UE ont recommandé lundi soir aux compagnies européennes de contourner l’espace aérien du Bélarus, après avoir adopté un nouveau train de sanctions contre le régime d’Alexandre Loukachenko, accusé d’avoir dérouté un avion de ligne européen vers Minsk pour arrêter un dissident, dont l’UE exige la libération immédiate.

Environ 2.000 appareils survolent le pays chaque semaine

L’UE a aussi annoncé la fermeture de l’espace aérien de l’UE au Bélarus. Londres et Kiev avaient déjà mis sur liste noire l’espace aérien de cette ex-république soviétique et plusieurs compagnies aériennes avaient déjà annoncé leur décision d’éviter son survol dont Lufthansa, SAS et AirBaltic.

Près de 2.000 appareils effectuant des vols commerciaux empruntent chaque semaine l’espace aérien du Bélarus, a précisé l’organisation Eurocontrol. La compagnie bélarusse Belavia assure pour sa part une vingtaine de vols chaque jour au départ ou à destination d’aéroports de l’UE.

Avion détourné

Roman Protassevitch, un journaliste d’opposition de 26 ans, et sa compagne Sofia Sapéga se trouvaient à bord d’un Boeing de Ryanair reliant Athènes à Vilnius quand l’appareil a été dérouté dimanche sur Minsk après une alerte à la bombe qui s’est révélée mensongère, selon le Bélarus. Ils ont été arrêtés à l’aéroport et le jeune homme est désormais détenu à Minsk, la capitale. Avant l’adoption de ce nouveau paquet de sanctions, l’UE avait déjà inscrit sur sa liste noire 88 membres du régime, dont le président Alexandre Loukachenko, et sept entités.