Avion détourné : L’UE sanctionne Minsk et ferme son espace aérien aux avions biélorusses

FERMETE Réunis pour un sommet de deux jours à Bruxelles, les dirigeants européens ont montré leur unité vis-à-vis du régime d’Alexandre Loukachenko

20 Minutes avec AFP

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Un avion de la compagnie biélorusse Belavia, à l’aéroport de Minsk le 24 mai 2021.
Un avion de la compagnie biélorusse Belavia, à l’aéroport de Minsk le 24 mai 2021. — Stringer/TASS/Sipa USA/SIPA

En annonçant rapidement des mesures à l’encontre de la Biélorussie, l’Union européenne a voulu montrer son unité et sa fermeté vis-à-vis du régime d’ Alexandre Loukachenko. Les dirigeants européens ont décidé lundi soir de fermer leur espace aérien aux avions biélorusses et d’adopter un nouveau train de sanctions contre le pays, accusé d’avoir dérouté un avion de ligne européen pour arrêter le dissident Roman Protassevitch. L’UE a d’ailleurs exigé sa libération immédiate.

L’UE a aussi recommandé aux compagnies européennes de contourner l’espace aérien de Biélorussie, a indiqué le porte-parole du président du Conseil européen Charles Michel. L’accord, préparé en amont par des consultations entre les capitales, a été annoncé deux heures après le début d’un sommet des Vingt-Sept organisé en présentiel sur deux journées à Bruxelles.

« Terrorisme d’Etat »

Londres et Kiev ont déjà mis sur liste noire l’espace aérien de cette ex-république soviétique et les compagnies Lufthansa, SAS et AirBaltic ont annoncé leur décision d’éviter son survol. Près de 2.000 appareils effectuant des vols commerciaux empruntent chaque semaine l’espace aérien biélorusse, a précisé l’organisation Eurocontrol. La compagnie biélorusse Belavia assure pour sa part une vingtaine de vols chaque jour au départ ou à destination d’aéroports de l’UE.

Les dirigeants européens ont « condamné avec force l’atterrissage forcé d’un avion Ryanair à Minsk (…) qui a porté atteinte à la sécurité aérienne ». L’action de Minsk a d’ailleurs été qualifiée d’acte de « terrorisme d’Etat » par plusieurs capitales. Les explications des autorités biélorusses « ne sont absolument pas crédibles », a lancé la chancelière allemande Angela Merkel.

L’Otan, qui veut, comme l’UE, une « enquête internationale », va réunir ce mardi ses ambassadeurs pour discuter de la situation. Son secrétaire général Jens Stoltenberg a fustigé « un incident grave et dangereux ». L’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI), un organisme dépendant des Nations unies, a également convoqué une réunion d’urgence, mais pour jeudi matin. L’atterrissage forcé « pourrait être une violation de la Convention de Chicago », qui protège la souveraineté de l’espace aérien des nations, a-t-elle estimé.

Minsk assure pour sa part avoir agi dans la légalité en interceptant ce vol commercial après avoir reçu une menace de l’organisation palestinienne Hamas. Le régime a précisé avoir informé l’OACI et dit être disposé à coopérer à une enquête impartiale.