Avion détourné : L’opposant biélorusse Roman Protassevitch a été placé en détention provisoire

OPPOSITION Cet opposant a été interpellé à Minsk avec sa compagne, Sofia Sapéga, à la descente d’un vol Ryanair détourné entre Athènes et Vilnius

20 Minutes avec AFP
— 
Roman Protassevitch lors d'une manifestation en mars 2012.
Roman Protassevitch lors d'une manifestation en mars 2012. — AFP

Quelques heures après sa descente d’avion, l’opposant biélorusse Roman Protassevitch est d’ores et déjà détenu. Interpellé après le détournement d’un avion de ligne, est en détention provisoire dans une prison de la capitale Minsk, a indiqué lundi la porte-parole du ministère de l’Intérieur. « Il n’y a pas eu de plaintes sur son état de santé venant de l’administration », a ajouté cette source sur la messagerie Telegram.

Dans la soirée, la mère de Roman Protassevitch a affirmé à des médias d’opposition biélorusses que son fils était peut-être hospitalisé à Minsk à cause de problèmes cardiaques. « Ces informations sont fausses », a réagi le ministère, qui ajoute que le militant se trouve dans la Maison d’arrêt N°1 dans le centre de la capitale.

Accusé « d’organisation de troubles massifs »

Roman Protassevitch, 26 ans, est l’ancien rédacteur en chef de l’influent média d’opposition Nexta, qui a joué un rôle-clé dans l’organisation d’un mouvement de protestation historique contre Alexandre Loukachenko, en 2020. Dimanche, il a été interpellé à Minsk avec sa compagne, Sofia Sapéga, à la descente d’un vol Ryanair entre Athènes et Vilnius.

L’avion avait été forcé d’atterrir à la suite d’une alerte bombe qui s’est ensuite révélée fausse​. Les puissances occidentales et l’opposition ont fermement dénoncé cet incident, accusant Minsk de « piraterie », voire de « terrorisme » d’Etat pour arrêter un militant. Vivant en exil en Lituanie, Roman Protassevitch est poursuivi au Bélarus pour « organisation de troubles massifs », un crime passible de 15 ans de prison.

Les services de sécurité biélorusses (KGB), hérités de la période soviétique, l’ont aussi placé sur une liste « d’individus impliqués dans des activités terroristes ». Selon l’opposition, à cause de ce dernier motif, l’opposant encourt la peine de mort en Biélorussie, le dernier pays à appliquer la peine capitale en Europe.