Amnesty et HRW demandent à l'Europe et au Canada d'accueillir 60 détenus de Guantanamo

ASILE Selon les organisations de défense des Droits de l'homme, ils risquent d'être torturés dans leur pays d'origine...

Avec agence

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Un ancien détenu saoudien de la prison américaine de Guantanamo est devenu l'un des dirigeants de la cellule d'Al-Qaïda au Yémen, a indiqué vendredi à l'AFP un responsable américain de l'antiterrorisme.
Un ancien détenu saoudien de la prison américaine de Guantanamo est devenu l'un des dirigeants de la cellule d'Al-Qaïda au Yémen, a indiqué vendredi à l'AFP un responsable américain de l'antiterrorisme. — Brennan Linsley AFP/Pool

Alors que le premier détenu de Guantanamo transféré depuis l'entrée à la Maison Blanche de Barack Obama est arrivé en Grande-Bretagne lundi, les organisations de défense des droits de l'homme Amnesty International et Human Rights Watch (HRW) ont lancé un appel ce mardi. Elles sont à nouveau demandé l'Union européenne et au Canada à accueillir une soixantaine de détenus de Guantanamo qui risqueraient d'être torturés dans leur pays d'origine.

«Ces soixante détenus, originaires de pays comme l'Algérie, la Chine, l'Egypte ou la Libye, risquent d'être soumis à des tortures ou à des poursuites s'ils sont renvoyés chez eux, alors qu'ils ont été innocentés par l'administration Bush», a précisé à Bruxelles Reed Brody, porte-parole de HRW.

Seule une minorité de pays européens prêts à les accueillir

«On peut évidemment se dire que Guantanamo est un problème créé par les Etats-Unis et que c'est à eux d'accueillir ces personnes. Mais beaucoup d'entre elles n'ont pas envie d'aller aux Etats-Unis vu ce que ce pays leur a fait subir», a pour sa part relevé Camilla Jelbart, d'Amnesty International.

Le président Obama a décidé de fermer la prison militaire de Guantanamo, sur l'île de Cuba, d'ici à un an, mais les Etats-Unis doivent trouver un lieu d'accueil pour les détenus qui s'y trouvent, en particulier ceux qui ne peuvent pas être renvoyés dans leur pays d'origine.

Les eurodéputés ont aussi appelé les pays de l'Union européenne à aider le nouveau président mais seule une minorité de pays européens - Portugal, Italie, Espagne ou France - se sont dits prêts pour l'instant à accueillir des détenus. Les ministres européens de l'Intérieur devraient à nouveau discuter cette question à Bruxelles jeudi.