Belgique : Opération de police pour traquer un militaire d’extrême droite jugé dangereux

POLICE Ce sympathisant d’extrême droite a laissé des lettres de menaces visant notamment un virologue très en vue en Belgique

20 Minutes avec AFP
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Illustration de la police belge.
Illustration de la police belge. — M.Libert / 20 Minutes

Un instructeur de l’armée belge fiché en tant que sympathisant de l’extrême droite par les services antiterroristes, et jugé dangereux, était activement recherché mercredi soir en Belgique en raison de menaces proférées notamment contre un virologue très en vue dans la crise sanitaire.

250 policiers et militaires déployés

En fin de journée, 250 policiers et militaires ont été déployés dans et autour d’un parc national de la province du Limbourg (nord-est) où il pourrait se cacher, selon le parquet fédéral qui a confirmé à l’AFP un chiffre donné par les médias belges.

Jurgen Conings, 46 ans, potentiellement « en possession d’armes à feu », est recherché dans ce secteur depuis mardi soir, quand son 4X4 a été retrouvé en bordure du parc, sur la commune de Niel-bij-As à l’est de Genk, avec à l’intérieur quatre lance-roquettes antichar et des munitions.

La police fédérale a diffusé mercredi un avis de recherche avec photo, expliquant que le militaire d’1,80 m, chauve et musclé, avait disparu lundi « après s’être rendu à son travail », où il s’est vraisemblablement équipé en armes.

Le Premier ministre Alexander De Croo, interrogé par la chaîne de télévision flamande VTM, a jugé « inacceptable » qu’un homme fiché comme proche de l’extrême droite puisse être « actif dans la Défense et avoir accès à des armes ». Et la ministre de la Défense Ludivine Dedonder, qui a également dû s’expliquer, a promis une enquête interne au sein de l’armée afin que cela ne se reproduise plus.

C’est en tant qu'« instructeur » dans une base militaire belge que Jurgen Conings avait accès à des armes malgré son profil, a dit Ludivine Dedonder à plusieurs médias.

Des lettres de menaces

Il est considéré comme dangereux notamment parce qu’il « a laissé deux lettres avec des éléments inquiétants », a précisé à l’AFP un porte-parole du parquet fédéral, évoquant des menaces pesant sur « les structures de l’Etat et des personnes publiques ».

La chaîne RTL a fait état d’une lettre dans laquelle il menace d'« attaquer le régime et les virologues ». Des médias ont aussi évoqué des mots d’adieu dans un courriel, laissant entendre qu’il souhaitait mourir après une action violente.

Parmi ses cibles potentielles, figure le virologue Marc Van Ranst, devenu la bête noire des « antimasques » pendant la crise du coronavirus. Déjà sous protection policière, le scientifique a été placé dans un lieu sûr avec sa famille.

« Une menace aiguë »

Mercredi soir, les recherches se concentraient dans trois zones du parc national de la Haute Campine, non loin de la frontière avec les Pays-Bas, où la police s’est également dite « en alerte ». Le parc national a été fermé aux promeneurs, a précisé le parquet fédéral.

Jurgen Conings compte parmi la « trentaine » de membres de l’armée belge surveillés par les services du renseignement militaire pour leurs « sympathies » avec l’extrême droite, selon des sources officielles. Militaire aguerri, connu pour sa maîtrise des armes à feu, il représente « une menace aiguë », a affirmé le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne.