Conflit israélo-palestinien : Benjamin Netanyahou assure ne pas exclure de devoir « venir à bout » du Hamas

OFFENSIVE « Nous n’avons pas cherché ce conflit », a insisté le Premier ministre israélien

20 Minutes avec AFP
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Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse à Tel Aviv le 19 mai 2021.
Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors d'une conférence de presse à Tel Aviv le 19 mai 2021. — Sebastian Scheiner/AP/SIPA

Plus d'une semaine après les premiers échanges de tirs meurtriers entre le Hamas et l'armée de l'Etat hébreu, le Premier ministre israélien maintient la pression.  Benjamin Netanyahou a affirmé mercredi ne pas exclure de devoir « venir à bout » du Hamas palestinien, au pouvoir dans la bande de Gaza, si l’option de la « dissuasion » échouait, après plus d’une semaine d’échanges de tirs meurtriers.

« Il n’y a que deux possibilités de les affronter, soit vous en venez à bout – et c’est toujours une possibilité – soit vous les dissuadez et nous sommes actuellement engagés dans une dissuasion ferme », a déclaré le Premier ministre à des ambassadeurs à Tel-Aviv. « Je dois dire que nous n’écartons aucune possibilité », a-t-il ajouté.

Le « maximum » pour « éviter les victimes civiles »

« Ce que nous essayons de faire est précisément ceci : diminuer leurs capacités, leurs moyens terroristes, et diminuer leur détermination », a-t-il poursuivi. « Nous espérons pouvoir rétablir le calme et nous espérons pouvoir le rétablir rapidement. Je veux dire que nous faisons cela en faisant le maximum pour éviter les victimes civiles ».

Depuis le début de ce nouveau cycle de violences entre Israël et des groupes armés de la bande de Gaza, en tête desquels le Hamas, au moins 219 Palestiniens ont été tués dans des frappes israéliennes sur l’enclave palestinienne densément peuplée et sous blocus, selon le ministère de la Santé local.

Un « cessez-le-feu » à l’étude

Côté israélien, 12 personnes ont péri après des frappes de roquettes en direction du territoire israélien, d’après la police. Les forces israéliennes affirment avoir visé, outre des sites de lancement de roquettes, plusieurs quartiers généraux du Hamas, des maisons de ses dirigeants, des équipements ainsi que des souterrains utilisés pour le mouvement de munitions et de militants.

Israël étudie « la question du moment opportun pour un cessez-le-feu », avait plus tôt indiqué un haut responsable militaire israélien, affirmant que l’Etat hébreu était toutefois prêt pour une prolongation de l’offensive sur l’enclave palestinienne de deux millions d’habitants.

« Nous n’avons pas cherché ce conflit »

« Nous n’avons pas cherché ce conflit », a insisté Netanyahou mercredi, estimant que la flambée de violences était la conséquence du report des élections législatives palestiniennes qui devaient se tenir le 22 mai, les premières en quinze ans.

Le Hamas et le Fatah palestiniens s’étaient mis d’accord pour l’organisation de législatives et d’une présidentielle en 2021, après des années d’hostilité entre les deux camps rivaux, islamistes et laïcs. Mais le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a décidé fin avril de reporter les législatives tant que la tenue du scrutin ne serait pas « garantie » à Jérusalem-Est.

« Le Hamas était sûr de gagner un pouvoir considérable » dans ce scrutin, a estimé Benjamin Netanyahu, accusant le mouvement islamiste d’avoir voulu utiliser les heurts à Jérusalem-Est « pour inciter à la violence afin d’atteindre ses propres objectifs politiques », faute d’élections. « Nous ne nous attendions pas à une telle conflagration », a-t-il ajouté.