Crise migratoire à Ceuta : Le Premier ministre espagnol promet « le rétablissement de l’ordre »

IMMIGRATION Depuis lundi matin, plus de 6.000 migrants sont entrés à la nage ou à pied dans l’enclave espagnole de Ceuta, 2.700 d’entre eux ont été expulsés par la suite

20 Minutes avec AFP

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Pedro Sanchez, Premier ministre espagnol
Pedro Sanchez, Premier ministre espagnol — Alessandra Tarantino/AP/SIPA

Après l'afflux de quelque 6.000 migrants à Ceuta depuis le Maroc voisin, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a promis, ce mardi, de « rétablir l’ordre » dans l'enclave espagnole, qualifiant la situation de « grave crise pour l'Espagne et aussi pour l’Europe ».

« Nous allons rétablir l’ordre dans (la) ville et à nos frontières le plus rapidement possible », a déclaré le chef du gouvernement qui a indiqué se rendre mardi sur place, ainsi qu’à Melilla, l’autre enclave espagnole située dans le nord du Maroc.

« Garantir la sécurité » de l’Espagne

Pedro Sanchez, qui a annulé un voyage à Paris en raison de la gravité de la situation, avait précédemment assuré que l’Espagne serait « ferme pour garantir la sécurité » à Ceuta et sa venue sur place est un signe, selon lui de « la détermination avec laquelle nous agissons depuis les premiers moments de cette crise ».

Depuis lundi matin, plus de 6.000 migrants sont entrés à la nage ou à pied dans l’enclave espagnole de Ceuta, et les autorités espagnoles ont d’ores et déjà annoncé avoir expulsé 2.700 d’entre eux. Dans le même temps, dans la nuit de lundi à mardi, 86 migrants, sur un total de plus de 300, ont pénétré dans l'enclave de Melilla, située à 400 kilomètres à l’est.

Un nombre « record » d’arrivées

Ceuta et Melilla, seules frontières terrestres de l’Union européenne avec l’Afrique, sont régulièrement le théâtre de tentatives d’entrées de migrants, mais la marée humaine de lundi est sans précédent. Ce nombre « record » d’arrivées, selon la préfecture, s’est produit en pleine crise diplomatique entre l’Espagne et le Maroc.

Alors que Rabat est un allié clef de Madrid dans la lutte contre l’immigration clandestine, les relations diplomatiques entre les deux pays se sont envenimées depuis l’accueil, fin avril, par l’Espagne du chef des indépendantistes sahraouis du Front Polisario, Brahim Ghali, pour y être soigné du Covid-19. Une décision qui avait déclenché la colère de Rabat.