Plusieurs pistes à l'étude après l'attentat

Maud Descamps

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L'incertitude régnait, hier, concernant les auteurs et les motifs de l'attentat perpétré dimanche dans un souk du Caire, qui a tué une Française de 17 ans et fait 24 blessés. L'attaque, la première depuis 2006, n'avait pas été revendiquée hier. L'enquête s'annonce longue et les chances de pouvoir démasquer les responsables sont minces. Plusieurs hypothèses sont avancées.

Le lien avec le conflit israélo-palestinien Lors de la récente offensive menée à Gaza par l'armée israélienne, l'Egypte a joué un rôle important dans les négociations pour trouver une issue au conflit. « Mais elle a été taxée de passivité par certains Egyptiens », explique Louis Caprioli, ancien patron français de la lutte contre le terrorisme islamiste à la DST. « Il ne s'agit sûrement pas d'un groupe appartenant à une organisation d'ampleur comme Al-Qaida, mais d'un petit groupe qui entend protester contre l'attitude du président Moubarak pendant l'offensive », ajoute l'expert.

La manipulation L'hypothèse d'une manipulation du gouvernement égyptien pour justifier le renforcement de la répression policière ces dernières années est évoquée. « On peut imaginer que cet attentat ait été monté par une cellule des services secrets égyptiens. Il visait des touristes, c'est donc une manière de ne pas frapper directement la population égyptienne, mais de provoquer un ressentiment fort qui justifierait ensuite une répression importante », explique à 20minutes.fr Dominique Thomas, doctorant à l'Ehess, spécialiste des mouvements islamistes. Mais il souligne que la première hypothèse paraît tout de même plus plausible. Pour Louis Caprioli, cette piste n'est pas envisageable. « Le tourisme est la première ressource économique du pays, l'impact serait beaucoup trop fort » et risquerait de coûter cher.

Les Frères musulmans D'autres pistes pourraient mener vers l'opposition égyptienne qui compte, entre autres, les Frères musulmans. Mais selon Louis Caprioli, le mouvement, dont trois anciens membres ont fondé le Hamas, « ne peut pas être à l'origine de cette attaque car il n'est plus dans la mouvance terroriste ». Les Frères musulmans disposent officieusement, aujourd'hui, de 88 députés sur 454 à l'Assemblée du peuple et sont, par conséquent, le premier groupe d'opposition. ■