Conflit israélo-palestinien : Bombardements mortels à Gaza et Tel-Aviv, l’Égypte ouvre sa frontière

VIOLENCES Ce conflit a fait depuis lundi plus de 130 morts palestiniens dont une quarantaine enfants, et des centaines de blessés dans la bande de Gaza, selon un dernier bilan palestinien. En Israël, neuf personnes ont été tuées, dont un enfant, et près de 600 blessées

B.D. avec AFP

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Un pompier palestinien coordonne l'action des secours après une frappe israélienne sur Rafah , dans le sud de la bande de Gaza, le 15 mai 2021.
Un pompier palestinien coordonne l'action des secours après une frappe israélienne sur Rafah , dans le sud de la bande de Gaza, le 15 mai 2021. — SAID KHATIB / AFP

Un Israélien de 50 ans a été tué ce samedi midi à Ramat Gan, dans la banlieue de Tel-Aviv, après des tirs de roquette depuis la bande de Gaza, a indiqué sur Twitter Micky Rosenfeld, porte-parole de la police israélienne. Les services de secours israéliens ont précisé dans un communiqué que l’homme, retrouvé « grièvement blessé », n’avait pas pu être réanimé.

Le mouvement islamiste Hamas a indiqué avoir tiré une salve de roquettes en représailles à une frappe israélienne « contre des femmes et des enfants » à Gaza. Peu de temps après, des sirènes d’alarme ont retenti à Tel-Aviv. Dix membres d’une famille palestinienne, parmi lesquels huit enfants et deux femmes, ont été tués ce samedi matin dans cette frappe, selon les secours palestiniens.

« Massacre odieux »

Le raid a touché la maison de la famille Abou Hattab, dont la mère et quatre enfants âgés de cinq à 15 ans ont été tués dans le camp de réfugiés Al Shati, ont indiqué des sources paramédicales. Quatre de leurs cousins, âgés de huit à 14 ans, et leur mère sont également morts alors qu’ils leur rendaient visite à l’occasion de la fête de l’Aïd el-Fitr, selon cette source. Les deux pères, alors à l’extérieur de la bâtisse, ont survécu, comme un bébé de cinq mois qui a été hospitalisé. « Ils (les enfants) étaient en sécurité dans leur maison, ils ne portaient pas d’armes, ils n’ont pas tiré de roquettes », a témoigné Mohammad Al Hadidi, l’un d’eux.

Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a dénoncé dans un communiqué « un massacre odieux dans le camp d’Al-Shati ». L’armée israélienne a de son côté annoncé dans la nuit au moins cinq frappes sur l’ensemble de la bande de Gaza. Parmi les cibles visées, selon un communiqué de l’armée, se trouvait l’un des quartiers généraux de Taoufik Abou Naim, commandant des forces de sécurité du Hamas, ainsi que plusieurs « sites de lancement de roquette » dans le nord et le sud de l’enclave et des bâtiments « du renseignement militaire » du Hamas.

Frappes israéliennes contre AP et Al-Jazeera

L’armée israélienne a également mené une frappe sur l’immeuble d’une dizaine d’étages abritant les locaux de la chaîne de télévision qatarie Al-Jazeera et l’agence de presse américaine Associated Press (AP) dans la bande de Gaza. « Une frappe israélienne a dévasté la tour qui abrite les bureaux d’AP dans la ville de Gaza », a écrit sur Twitter Jon Gambrell, un journaliste de l’agence américaine. « L’armée a prévenu le propriétaire de la tour dans laquelle AP a ses locaux qu’elle serait ciblée » par une frappe, avait-il écrit peu de temps avant.

Des journalistes de l’AFP ont vu la tour de 13 étages se faire pulvériser par plusieurs missiles. La chaîne Al-Jazeera a confirmé sur Twitter que ses locaux étaient dans ce bâtiment et a retransmis en direct les images de la tour s’effondrer dans un nuage de poussière. Sollicitée par l’AFP, l’armée israélienne n’a pas réagi à ces informations dans l’immédiat.

Ouverture « exceptionnelle » de la frontière

L’Egypte a « exceptionnellement ouvert » ce samedi sa frontière terrestre avec Gaza, le passage de Rafah, pour permettre « l’entrée de dix ambulances égyptiennes dans la bande de Gaza afin de transporter des blessés Palestiniens (en vue) de les traiter en Egypte », a indiqué une source médicale égyptienne sous couvert d’anonymat. Le terminal de Rafah est la seule ouverture de la bande de Gaza sur le monde qui ne soit pas contrôlée par Israël. L’Etat hébreu impose un blocus sur l’enclave palestinienne depuis plus d’une décennie.

Un responsable sécuritaire à la frontière a précisé que cette décision était « exceptionnelle » car le passage reste d’ordinaire fermé durant les jours fériés, y compris la fête de l’Aïd el-Fitr. L’autorité publique des soins de santé avait annoncé vendredi que trois établissements sanitaires avaient « commencé à se préparer » à recevoir des blessés de Gaza.

149 morts depuis lundi

Le dernier bilan des autorités palestiniennes faisait état vendredi soir de 139 morts, parmi lesquels 39 enfants, et 1.000 blessés dans les bombardements israéliens sur la bande de Gaza depuis lundi. L’Etat hébreu a recensé de son côté neuf morts dont un enfant et un membre de l’armée. Plus de 2.300 roquettes ont été lancées sur le territoire israélien depuis lundi, tuant dix personnes, parmi lesquelles un enfant et un soldat, et faisant plus de 560 blessés, selon les secours. Selon l’armée, le bouclier antimissile « Dôme de fer » a intercepté plus de la moitié de ces missiles.

Israël a déclenché ces frappes punitives face aux centaines de roquettes du Hamas, mouvement islamiste contrôlant la bande de Gaza, tirées après que la police israélienne a blessé des centaines de Palestiniens sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, secteur de la ville illégalement occupé par l’Etat hébreu depuis 1967. Ces affrontements ont suivi plusieurs jours de heurts dans la Ville sainte, principalement dus aux menaces d’expulsion de Palestiniens de leurs maisons à Jérusalem-Est au profit de colons juifs.