Conflit israélo-palestinien : L’armée israélienne affirme finalement ne pas être entrée dans Gaza

PROCHE-ORIENT L’armée israélienne avait annoncé être rentrée dans la bande de Gaza, dont elle s’était retirée en 2005, mais a fait machine arrière

20 Minutes avec AFP

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Des roquettes envoyés depuis la bande de Gaza.
Des roquettes envoyés depuis la bande de Gaza. — MOHAMMED ABED / AFP

Guerre psychologique ou erreur ? Après avoir annoncé la présence de ses soldats dans la bande de Gaza, l’armée israélienne a fait marche arrière ce vendredi, évoquant un « problème de communication en interne ». L’armée avait massé jeudi chars et véhicules blindés le long du territoire palestinien d’où les troupes israéliennes s’étaient retirées unilatéralement en 2005. Et le ministère de la Défense a donné le feu vert à l’armée pour mobiliser au besoin des milliers de réservistes.

La dernière opération militaire israélienne dans la bande de Gaza, territoire de deux millions d’habitants soumis à un blocus israélien depuis plus de dix ans, remonte à 2014. La guerre entre Israël et le Hamas avait alors duré cinquante jours et fait au moins 2.251 morts et mortes côté palestinien, en majorité des civils, et 74 côté israélien, presque tous des soldats. Dans la nuit, l’aviation israélienne a poursuivi ses bombardements de sites du Hamas, alors que des centaines d’habitants palestiniens ont dû quitter leurs maisons précipitamment pour fuir les frappes.

Plus de 100 décès côté palestinien

Depuis le début de ce nouveau cycle de violences lundi, 103 Palestiniens et Palestiniennes, dont 27 enfants, ont été tués dans la bande de Gaza, et 580 personnes blessées, selon un dernier bilan du ministère local de la Santé. En Israël, sept personnes, dont un enfant de 6 ans et un soldat, ont péri. Le nouveau conflit a été déclenché après un barrage de roquettes du Hamas tirées vers Israël en « solidarité » avec les plus de 700 Palestiniens et Palestiniennes blessées dans des heurts avec la police israélienne sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé par Israël depuis 1967.

Les heurts sur l’esplanade, troisième lieu saint de l’islam, avaient suivi plusieurs jours de vives tensions et de heurts à Jérusalem-Est, dus principalement aux menaces d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons juifs d’un quartier de la Ville sainte. D’après l’armée, environ 90 % des plus de 1.750 roquettes lancées depuis lundi à partir de la bande de Gaza ont été interceptées par le bouclier antimissile.

Un niveau de violence jamais atteint depuis des décennies selon la police israélienne

Le conflit est doublé d’une escalade entre Arabes et Juifs dans plusieurs villes mixtes d’Israël, un niveau de violence jamais atteint depuis des décennies selon la police israélienne. Près de 1.000 membres de la police des frontières ont été appelés en renfort dans ces villes, théâtres d’émeutes depuis mardi avec des heurts et des échanges de coups de feu, et plus de 400 personnes, Juifs et Arabes, ont été arrêtées ces trois derniers jours.

Jeudi soir, un homme a ouvert le feu à l’arme semi-automatique sur un groupe de Juifs, blessant une personne à Lod près de Tel-Aviv, selon un témoin et la police. Des groupes d’extrême droite israéliens ont affronté dans des villes forces de sécurité et Arabes israéliens, les descendants des Palestiniens restés sur leur terre à la création d’Israël en 1948. Face à l’intensification du conflit Israël/Hamas, le Conseil de sécurité de l’ONU doit tenir dimanche une réunion virtuelle publique sur le conflit. L’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient, le Norvégien Tor Wennesland, ainsi que des représentants d’Israël et des Palestiniens devraient y participer.