Conflit israélo-palestinien : Troisième nuit d'affrontements et aucun répit en vue

TENSIONS Et de nombreuses villes en Israël ont, elles, été le théâtre « d’émeutes » nocturnes dans la nuit de mercredi à jeudi

20 Minutes avec AFP

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La fumée monte après les frappes aériennes israéliennes sur la ville de Gaza, le mercredi 12 mai 2021.
La fumée monte après les frappes aériennes israéliennes sur la ville de Gaza, le mercredi 12 mai 2021. — Khalil Hamra/AP/SIPA

Le conflit meurtrier entre Israël et le Hamas se poursuit jeudi avec des frappes israéliennes sur la bande de Gaza et des tirs de roquettes du mouvement islamiste vers l’Etat hébreu, par ailleurs confronté à un autre « front » avec des émeutes dans des villes judéo-arabes. A la suite des multiples salves de roquettes vers le territoire israélien depuis quatre jours, tous les vols en direction de l’aéroport international Ben Gourion de Tel-Aviv sont déroutés jusqu’à nouvel ordre, ont annoncé les autorités aéroportuaires.

Les sirènes d’alarme ont de nouveau retenti tôt jeudi matin dans les localités israéliennes adjacentes à Gaza, enclave de deux millions d’habitants gouvernée par les islamistes du Hamas.

Le lynchage d’un homme arabe près de Tel-Aviv

Des militants d’extrême droite ont manifesté mercredi à travers le pays, provoquant des affrontements avec les forces de l’ordre, et parfois des Arabes israéliens. La police a indiqué « réagir aux incidents violents dans plusieurs villes, notamment Lod, Acre et Haïfa ». Et le pays accusait le choc de la diffusion, en direct à la télévision du lynchage d’un homme dans la nuit de mercredi à jeudi, considéré arabe par ses agresseurs, près de Tel-Aviv. Ces images insoutenables montrent un homme sorti de force de sa voiture puis roué de coups par une foule de plusieurs dizaines de personnes, jusqu’à ce qu’il perde connaissance.

Le mouvement islamiste avait annoncé mercredi le décès du chef de sa branche militaire pour la ville de Gaza, la principale du territoire palestinien, tandis que les services de renseignement intérieurs israéliens ont annoncé le décès de plusieurs autres ténors de l’organisation. L’aviation israélienne a pulvérisé une tour de plus de dix étages abritant des bureaux de la chaîne palestinienne Al-Aqsa, créée il y a quelques années par le Hamas. Le dernier bilan fait état de 67 morts à Gaza, dont 17 enfants, et près de 400 blessés.

Une centaine de roquettes lancées vers Israël

« En représailles au raid sur la tour Al-Shorouk et à la mort d’un groupe de dirigeants », le Hamas a lancé mercredi soir plus d’une centaine de roquettes vers Israël dont plusieurs ont été interceptées par le bouclier antimissiles « Dôme de Fer ». Ces nouvelles frappes ont fait passer à environ 1.500 le nombre de roquettes tirées vers l’Etat hébreu depuis le début de la semaine par différents groupes armés. Et le bilan est passé à sept morts côté israélien, dont un enfant de six ans, Ido Avigal, et des centaines de blessés en un peu plus de deux jours.

Face à l’intensification des combats, une troisième réunion en urgence du Conseil de sécurité de l’ONU, publique cette fois-ci, est attendue vendredi. Washington a annoncé l’envoi d’un émissaire en Israël et dans les Territoires palestiniens pour exhorter une nouvelle fois à la « désescalade », tandis que Moscou a appelé à une réunion d’urgence du Quartet sur le Proche-Orient (UE, Russie, USA, ONU). Mais le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui s’est entretenu au téléphone en soirée avec le président américain Joe Biden, a dit vouloir « continuer » à frapper et affaiblir les « capacités militaires » du Hamas.

Vers une « guerre à grande échelle » ?

Le président palestinien Mahmoud Abbas – qui siège en Cisjordanie, théâtre de manifestations, de heurts et d’attaques contre les forces israéliennes ayant fait trois morts mardi – s’est lui entretenu avec le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken, mais pour lui demander de faire « cesser les attaques israéliennes ». De son côté, M. Blinken a fait savoir dans un tweet qu’il lui avait signifié « la nécessité de mettre fin aux attaques à la roquette et de faire baisser les tensions ».

Israël et le Hamas se dirigent vers une « guerre à grande échelle », a alerté l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland : « Une guerre à Gaza serait dévastatrice et ce sont les gens ordinaires qui en paieraient le prix », dans ce territoire palestinien miné par un taux de chômage avoisinant 50 %.

En coulisses, l’ONU, le Qatar et l’Egypte s’activent pour faciliter une médiation, le chef de la diplomatie égyptienne ayant contacté son homologue israélien pour tenter en vain de le convaincre de cesser les frappes.