Tensions à Jérusalem : L’escalade s’intensifie, Israël et le Hamas se dirigent vers une « guerre à grande échelle »

PROCHE-ORIENT Un émissaire de l'ONU a sonné l'alarme, mardi, alors que le bilan dépasse les 30 morts et 200 blessés à Gaza, avec 3 morts et des dizaines de blessés côté israélien

20 Minutes avec AFP

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Des soldats israéliens tirent des gaz lacrymogènes sur des manifestants palestiniens dans une colonie juive près de Ramallah, en Cisjordanie, le 11 mai 2021.
Des soldats israéliens tirent des gaz lacrymogènes sur des manifestants palestiniens dans une colonie juive près de Ramallah, en Cisjordanie, le 11 mai 2021. — ABBAS MOMANI / AFP
  • Le Hamas a tiré plus de 1000 roquettes dans la nuit du mardi à mercredi.
  • Israël a intensifié ses frappes aériennes sur Gaza, détruisant notamment un immeuble d’une douzaine d’étages.
  • Le bilan dépasse les 35 morts côté palestinien et 5 côté israélien, et le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir mercredi.

Un déluge de feu sur Gaza, une pluie de roquettes sur Tel-Aviv et une communauté internationale impuissante. L’escalade militaire entre le Hamas et Israël s’est intensifié dans la nuit de mardi à mercredi, alors que l’émissaire de l’ONU a mis en garde face à un risque de « guerre à grande échelle », alors que le Conseil de sécurité des nations unies doit se réunir en urgence mercredi. Dans la nuit, le Premier ministre israélien Benjamin Nethanyahou a décrété l’état d’urgence dans la ville de Lod, théâtre ces dernières heures selon la police « d’émeutes » de la minorité arabe. Et il a assuré que l’Etat hébreu allait « intensifier » son action militaire.

Au total, plus de 1.000 roquettes ont été tirées par des groupes armés palestiniens de la bande de Gaza vers Israël depuis lundi soir, a annoncé mercredi matin l'armée israélienne. Selon les autorités, 850 ont été interceptées par le bouclier antimissile ou s'étaient abattues sur Israël, et 200 sont tombées du côté de l'enclave palestinienne. En Israël, ce sont cinq personnes qui ont été tuées au total dans les tirs de roquettes et des dizaines d'autres ont été blessées, selon la police et les services de secours.

Côté palestinien, les attaques israéliennes menées avec des avions de chasse et des hélicoptères de combat ont fait au moins 35 morts, dont 12 enfants, et au moins 220 blessés, selon le ministère de la Santé à Gaza. Des commandants du Hamas et du Jihad islamique, second groupe armé de la bande de Gaza, ont par ailleurs péri dans ces frappes, ont confirmé ces groupes.

Mardi soir, un immeuble d’une douzaine d’étages dans le centre de la ville de Gaza, dans lequel des ténors du Hamas avaient leurs bureaux, a été complètement détruit dans une frappe israélienne, a constaté un journaliste de l’AFP.

Etat d’urgence à Lod

En réaction, le Hamas a dit avoir lancé 200 roquettes en direction de Tel-Aviv, où des sirènes d’alarme retentissaient en soirée. C’est le plus important cortège de missiles tiré depuis des années vers cette métropole israélienne. Malgré la présence du Dôme de fer, qui intercepte une immense majorité de roquettes, une femme a été tuée à Rishon Letzion, en périphérie de Tel-Aviv, portant à trois le nombre de morts côté israélien mardi, tandis que des dizaines de blessés, dont certains dans un état critique ou victimes de crise de panique, ont afflué dans les hôpitaux, selon la police et les services de secours. Un bus vide a été touché et des véhicules carbonisés à Holon, près de Tel-Aviv, alors que les vols ont été temporairement suspendus à l’aéroport international Ben Gourion.

Dans un communiqué, le Benjamin Nethanyahou a indiqué avoir donné son feu vert pour déclarer « l’état d’urgence » à Lod, ont déclaré ses services, alors que la police faisait état « d’émeutes » de la minorité arabe locale après la mort violente la veille d’un Arabe israélien dans cette ville du centre du pays.

Netanyahou s’est lui-même rendu dans la nuit pour appeler au calme alors qu’un fort dispositif de sécurité se mettait en place dans cette ville qui jouxte par ailleurs l’aéroport international Ben Gourion. Lundi soir, cette ville mixte – 77.000 habitants, dont 47.000 juifs et 23.000 arabes – située en banlieue de Tel-Aviv avait été le théâtre de violents affrontements et un Arabe Israélien y avait été tué, avait confirmé à l’AFP la police locale.

Réunion du Conseil de sécurité mercredi

La communauté internationale a appelé au calme et des pays musulmans ont exprimé leur indignation face à la pire flambée de violence depuis des années entre le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza et l’Etat hébreu, déclenchée à la suite de heurts à Jérusalem-Est.

Israël et le Hamas se dirigent vers une « guerre à grande échelle », a prévenu mardi soir l’émissaire de l’ONU pour le Proche-Orient Tor Wennesland, appelant les parties à mettre fin « immédiatement » aux affrontements.

Face à ces violences, le Conseil de sécurité de l’ONU tiendra mercredi une nouvelle réunion à huis clos en urgence sur ce conflit, la deuxième en trois jours, ont indiqué des sources diplomatiques. La première réunion lundi s’était soldée sans aucune déclaration commune en raison de réticences des Etats-Unis à adopter un texte « à ce stade ».