Attentat au Caire: Les trois Français hospitalisés rapatriés mardi

EGYPTE Une partie des jeunes Français est rentrée à Paris lundi matin…

MD avec agence
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AFP/Cairo News

Trois supects auraient été arrêtés par la police égyptienne au lendemain de l'attentat survenu dans un marché du Caire. La grande majorité du groupe de jeunes touristes français frappé par l'attentat meurtrier est arrivée lundi matin à l'aéroport de Roissy. Cinquante-cinq jeunes sont montés à bord d'un avion et 15 autres sont restés au Caire.

Les trois adolescents encore hospitalisés lundi, après cet attentat qui a coûté la vie à une adolescente de 17 ans, devraient être rapatriés mardi par vol médicalisé, a annoncé lundi le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner en marge d'une réunion à Bruxelles.

Parmi eux, un jeune, dont l'état était jugé le plus sérieux, est hors de danger, a précisé Bernard Kouchner. Un avion sanitaire français est arrivé lundi au Caire avec à bord six médecins français qui se sont rendus auprès des blessés à l'hôpital. Onze proches des victimes françaises sont également arrivés dans un autre avion, selon la même source.

Explosion au coeur du centre historique

Deux groupes d'ados originaires de Levallois, près de Paris, se trouvaient à proximité lorsqu'une bombe a explosé dimanche. Ils faisaient leurs derniers achats dans les échoppes du Khan al-Khalili, au coeur du Caire historique avant de rentrer en France. C'est au terme de leur séjour de huit jours en Egypte que les jeunes âgés de 13 à 17 ans ont été les victimes de l'attentat dans la capitale égyptienne. Parmi eux, une jeune fille de 17 ans a été tuée dans l'explosion d'une bombe. Et sur les 25 blessés, figurent 17 touristes français, dont trois plus sérieusement atteints, ainsi qu'un Allemand, trois Saoudiens et quatre Egyptiens. Dix-neuf blessés ont déjà pu quitter l'hôpital tandis que les cinq autres sont dans un état stable.

L'attentat a eu lieu près d'un café en bordure du souk Khan el-Khalili, au coeur du Caire historique. Il s'agit de la première attaque terroriste contre des Occidentaux en Egypte depuis 2006. Selon les services de sécurité cités par l'agence officielle Mena, une grenade, qui a explosé vers 17h50 avait été placée dans un sac en plastique sous un banc en pierre de la place de la mosquée al-Hussein. «C'était un engin explosif de fabrication artisanale apparemment jeté d'un toit vers une zone de cafés», avait déclaré dans un premier temps un responsable de la police, alors que les abords du quartier ont été bouclés par les forces de sécurité. Selon une source policière, l'engin qui a explosé était de «fabrication artisanale et contenait des morceaux de métal et des clous». Elle a indiqué qu'un second engin avait été désamorcé par des artificiers. Les forces de sécurité empêchaient tout accès au lieu de l'attentat. Le bazar de Khan al-Khalili, où convergent chaque jour des milliers de touristes, avait déjà été le théâtre d'un attentat en avril 2005, dans lequel deux touristes français et un Américain avaient été tués.

Un soutien psychologique pour les jeunes Français

«Nous étions tous regroupés avant d'organiser le quartier libre. Il y eu une très forte détonation. Puis les cris, du sang. On s'est tous mis à courir», raconte Romy Janiw, une jeune accompagnatrice de 28 ans. C'est à pied que certains ont gagné l'hôpital al-Hussein, distant de quelques centaines de mètres. D'autres se sont engouffrés dans des taxis pour se rendre dans un autre centre de soins, dans le quartier de Choubrah. «On était très soudés, on épaulait les blessés. Un couple d'animateurs, Leila, une Tunisienne et Chérif, son mari égyptien, nous ont énormément aidé dans cette tourmente», dit encore Romy, fonctionnaire au syndicat intercommunal.

Très discrète sur la jeune fille qui a trouvé la mort, par respect pour la famille, elle souligne que si le groupe est très choqué, personne n'a dimanche soir craqué. «Il y a eu des pleurs, mais le contre-coup risque d'être au retour.» «Nous sommes bouleversés, les familles sont terriblement choquées», a déclaré Jean-Yves Cavallini, le maire adjoint de Levallois-Perret, dont la municipalité a organisé le séjour avec une association spécialisée. Des équipes d'aide psychologique ont été mises en place au sein d'une cellule de crise, a-t-il précisé. «Il a fallu que nous prévenions la famille de la jeune fille décédée, c'était vraiment très dur.»

Un attentat odieux

Le Premier ministre François Fillon a réagi en dénonçant, lundi, un «attentat odieux». «Il y a des gens qui veulent déstabiliser l'Egypte, qui est un des pays modérés de la région. Les Egyptiens doivent savoir que nous sommes à leurs côtés», a-t-il ajouté. «Une jeune fille française a été tuée, elle n'avait rien à voir avec le conflit. C'est vraiment l'illustration de cette violence que nous voulons éradiquer», a aussi déclaré le chef du gouvernement. Le parquet antiterroriste de Paris a ouvert une enquête préliminaire, a indiqué lundi une source judiciaire. Elle a été confiée conjointement à la Sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire et à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, ex-DST). Ce type d'enquête, ouverte quasi-automatiquement dès qu'un attentat frappe des Français à l'étranger, vise à fournir un cadre juridique notamment pour permettre d'éventuelles poursuites en France contre les auteurs de l'acte.


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Le tourisme en danger

Cet événement dans un lieu aussi symbolique que Khan al-Khalili pourrait peser lourdement sur le tourisme en Egypte, déjà touché par la crise économique. «Je ne me sens plus en sécurité. Je pensais visiter demain les pyramides, mais une autre attaque pourrait avoir lieu, je n'irai pas», a par exemple déclaré sur place une touriste italienne. Le ministre du Tourisme, Zoheir Garranah, a «condamné avec force» cet attentat, exprimant l'espoir qu'il n'aurait pas de répercussions négatives sur le tourisme en Egypte, dans une déclaration à l'agence officielle Mena. Avec 13 millions de visiteurs l'an dernier, c'est un secteur clef qui a rapporté 11 milliards de dollars pour l'année fiscale 2008, soit 11,1% du PNB, et emploie 12,6% de la population active.